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Quand se brise le secret   Quand se brise le secret EmptyMer 28 Nov - 19:41

Quand se brise le secret
avec Felix Harrington



L
es branches l’entouraient de leurs jeunes feuilles d’un vert tendre, semblant la protéger du monde extérieur en cet instant important. Debout face aux rayons de soleil qui filtraient paresseusement entre les entrelacs des branchages, Mitsuhane ferma les yeux en inspirant doucement, réprimant l’anxiété qui s’infiltrait sournoisement. Mais sitôt plongée dans ce monde de ténèbres internes, un camaïeu de visages se mit à danser devant elle, mixture hétéroclite des divers membres de sa famille. A quoi ressemblait-il ? Comment était-il ? Se ressemblaient-ils ? Sauraient-ils être proches, eux que le sang avait liés mais qui par le secret avaient été éloignés ? Lui tiendrait-il rigueur du silence coupable de sa famille ? Et elle, était-elle prête à accepter un étranger comme étant l’un des siens ? Rouvrant les yeux, elle écarta ces pensées dont elle aurait bien assez vite la réponse et rajusta un pan de son manteau noir, ses yeux sombres observant la petite aiguille de sa montre. Une seconde, deux secondes, trois secondes… Le temps devait-il vraiment passer si doucement ? Sa grand-mère aurait été présente que cela aurait pu être différent, encore qu’elle ignorait si elle se serait jointe à cette réunion des plus inattendues. Mais la vieille femme avait décalé son voyage au dernier instant, lui laissant la responsabilité d’expliquer une situation dont elle n’avait eu connaissance que récemment. Sa colère à ce sujet ne s’était par ailleurs toujours pas dissipé, et les rares échanges qu’elle avait eu avec ladite grand-père, sa tante et son oncle avaient été des plus glaciaux. Pourquoi avoir caché tant d’années l’existence de cet oncle paternel décédé à l’heure actuelle ? Ce cousin à demi anglais ? Pour combien de temps encore se seraient-ils tus, prisonniers de leurs chaines de mensonges, empêtrés dans leur culpabilité silencieuse ? Pour les protéger, elle, lui, avaient-ils prétendus. En avaient-ils seulement le droit, de briser ce qui aurait pu être une affection fraternelle, quand les menaces n’étaient plus ?

Mitsuhane soupira doucement, profitant d’être encore seule pour se masser doucement les tempes, songeant à cet instant où elle avait appris la vérité. Sa grand-mère l’avait contacté quelques temps plus tôt pour lui annoncer qu’elle avait retrouvé son petit-fils, auquel elle avait envoyé un message dont l’attrapeuse ignorait le contenu exact. Il semblait avoir été informé de la mort de son père, de sa présence à elle en Angleterre et de la venue prochaine de leur grand-mère. Ils avaient probablement échangé plusieurs courriers, mais quant à elle, la jeune femme ne lui avait envoyé qu’un billet rapide, expliquant succinctement que puisqu’elle avait été informée de son existence et que la matriarche Akiyama avait décalé son arrivée, ce serait elle qui le rencontrerait. Voilà comment elle s’était trouvée à lui proposer un rendez-vous au calme dans le petit parc à cette heure-ci désert.

Enfin, il lui sembla entendre des pas s’approcher, foulant l’humus encore tendre et l’herbe printanière, et alors qu’elle se redressait pour accueillir avec un calme apparemment imperturbable le nouveau venu, elle sentit sa respiration se bloquer une fraction de seconde. Cheveux noirs, iris sombres. Un homme qu’elle n’avait jamais vu la dévisageait à son tour et, de cette première inspection visuelle, elle ne décelait aucune ressemblance entre eux. Il y avait quelque chose, pourtant, une façon de se tenir, la stature peut-être, qui lui rappelait inexorablement son père. Elle entrouvrit les lèvres, sa nervosité cachée dessous ses traits figés, se décidant finalement à prendre la parole.

-Félix ? Harrington Félix ? Je suis Akiyama Mitsuhane, votre cousine.

Sa voix était un peu moins ferme et assurée qu’elle ne l’aurait voulu, mais elle n’y prit pas garde, pas plus qu’elle ne remarqua l’avoir vouvoyé pour ce premier échange. Anxieuse, à une raisonnable distance de cet inconnu qui n’aurait pas dû en être un, Mitsuhane attendit la réponse de son cousin. Autour d’eux, les branches semblaient leur offrir un havre de paix dans laquelle pourrait enfin exploser toute la réalité.

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Dernière édition par Mitsuhane Akiyama le Dim 17 Fév - 15:39, édité 1 fois

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Re: Quand se brise le secret   Quand se brise le secret EmptySam 1 Déc - 21:37

Quand se brise le secret
MITSUHANE AKIYAMA
Les maisons, les appartements, les rues, les routes. Tout cet ensemble de gris qui défilait devant moi au fil de mes pas portait les mêmes couleurs que mon humeur actuelle, même si en réalité je ne savais pas vraiment comment je me sentais. Tout était assez flou depuis que j'avais reçu ce mystérieux courrier en provenance du Japon. Une femme, portant le nom d'Akiyama et qui prétendait être ma grand-mère paternelle, souhaitait me rencontrer. Sur le coup, une fureur sans pareille s'était emparée de moi, d'ailleurs, mon appartement en porte encore les preuves, mais une petite voix en moi m'avait assuré que je devais lui répondre pour en savoir d'avantage. Alors, après avoir laissé passer plusieurs jours, j'avais répondu à l'expéditrice et avait convenu d'un rendez-vous dans le Jardin Public.
Elle m'avait parlé d'une certaine Mitsuhane, qui s'avérait être ma cousine. Je n'avais jamais cherché à savoir qui était ma famille. Dès l'instant où j'avais compris que mon paternel ne serait jamais présent pour m'élever et aider ma mère à gérer famille, j'avais développé envers lui un certain mépris. Mais quand Maman était morte, je l'avais profondément haï de nous avoir abandonnés, à elle comme à moi. Peut-être les choses auraient été différentes s'il avait été là ? Peut-être pas... Mais je m'étais raccroché à cette idée et m'étais convaincu que jamais une recherche sur mon paternel ne présenterait la moindre parcelle d'utilité. Pourtant, lorsque la vieille femme m'avait écrit pour la première fois et qu'elle avait été étonnée de mon ignorance à ce sujet, cela m'avait mis la puce à l'oreille. Elle était venue m'informer de sa venue en Angleterre, pour soi-disant me rencontrer après avoir passé des années à tenter de me retrouver. C'était bizarre, mais ça se tenait d'une certaine façon.
Si ce qu'elle m'avait dit était vrai, je devais rencontrer ma cousine cet après-midi et j'approchais de plus en plus du point de rendez-vous. Mes pas foulaient l'herbe du parc dont j'ignorais volontairement les chemins de terre : rien ne sert de perdre du temps. Mitsuhane était-elle au courant de mon histoire ? Allait-elle m'apprendre enfin pourquoi mon paternel m'avait lâchement laissé tomber, sans même attendre que je fasse mes preuves pour lui faire voir que je valais le coup de rester ?
A quelques mètres de moi, une fine silhouette féminine enveloppée dans un manteau noir se tenait là, debout sous des branches printanières. Elle ne m'avait pas encore vue et je m'arrêtais. Je doutais encore, sur plusieurs choses. Premièrement, rien ne me prouvait la véracité des propos qu'allait me tenir la japonaise. Deuxièmement, si ses propos s'avéraient authentiques, qu'est-ce qu'ils changeraient à ma vie ? Troisièmement, avais-je vraiment envie de connaître ce qu'il s'était réellement passé peu avant ma naissance ? Tous ces doutes m'énervaient. Pourquoi étais-je venu ? Ca n'avait aucun sens ! Je n'avais jamais voulu connaître l'identité de mon paternel, et voilà que maintenant je me retrouvais là, dans ce parc, à me lancer dans une conversation étrange avec une inconnue. D'autant plus une inconnue qui m'était soi disant proche. Je voulais filer pour rejoindre mon foyer, mais cette petite voix au fond de moi me disait d'y aller, de me lancer. Et une fois encore, ce fut cette petite voix qui prit le dessus et je repris ma marche vers la jeune femme qui cette fois-ci, se tourna vers moi. Je ne pouvais plus revenir en arrière.

- Félix ? Harrington Félix ? Je suis Akiyama Mitsuhane, votre cousine.

Je ne savais pas quoi dire. La femme en face de moi ne me ressemblait pas tant que ça, mis à part pour la couleur de ses cheveux et celle de ses yeux. Elle semblait aussi peu sûre d'elle que moi mais ça ne me rassurait pas pour autant. Je ne savais pas vraiment où me mettre, ni quoi lui répondre. C'était d'autant plus bizarre de me dire que c'était ma cousine qui me vouvoyait. Oh et puis peu importe ! Si elle voulait me vouvoyer, qu'elle me vouvoie ! Et autant que je lui réponde vite, qu'on en finisse avec cette histoire.

- C'est bien moi oui, répondis-je d'un air détaché. Vous avez vous aussi conversé avec Madame Akiyama ? C'est votre grand-mère à vous aussi, du coup ?

J'en avais marre et voulais rentrer chez moi. Pourquoi étais-je venu déjà ?



   
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Dernière édition par Félix Harrington le Mer 26 Déc - 2:47, édité 1 fois

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Re: Quand se brise le secret   Quand se brise le secret EmptyDim 2 Déc - 0:37

Quand se brise le secret
avec Felix Harrington



Il ne savait, de toute façon, pas plus quoi faire et dire qu’elle. Peut-être Mitsuhane aurait-elle dû commencer par une véritable formule de politesse, mais il lui semblait que celles-ci devaient savoir s’effacer au profit de l’urgence de la vérité dès lors qu’un sujet aussi important que celui-ci était au cœur d’une rencontre. Félix ne semblait guère avoir quoi que ce soit à redire sur cette absence de salutation dans les règles de la courtoisie ; en fait, il n’avait pas l’air de grand-chose, et surtout pas de son cousin germain. La seule chose de visible était ce qui semblait être son… embarras ? agacement ? malaise ? Elle ne savait quel adjectif exact appliquer à ce visage qui lui faisait face, mais il était certain qu’il semblait ressentir un certain mal-être. C’était compréhensible : toute sa vie avait dû être construite sur des mystères et des non-dits, et soudainement il se découvrait un pan entier de sa famille. Qu’aurait-elle fait, ressenti, à sa place ? Elle n’en savait rien, et ne s’en posa pas la question. Il était libre désormais de chercher à en savoir plus ou non.

- C'est bien moi oui. Vous avez vous aussi conversé avec Madame Akiyama ? C'est votre grand-mère à vous aussi, du coup ?

Muette devant cette réponse inattendue, elle le fixa d’un œil désabusé. Etait-il réellement stupide ou faisait-il semblant ? Mitsuhane n’était pas soudainement plus sûre de vouloir s’intéresser à lui comme étant son cousin. Après tout, sa grand-mère avait mis plusieurs années à le retrouver, à le contacter, elle aurait fort bien pu se tromper d’individu ? Mais ils avaient échangé plusieurs courriers entre eux et à aucun moment la vieille dame n’avait laissé filtrer le moindre doute quant à l’identité de son petit-fils. S’efforçant donc de demeurer patiente, elle hocha brièvement la tête, tâchant de chasser l’ironie qu’elle sentait poindre dans sa voix.

- C’est le principe des cousins, oui. Si ce n’était pas le cas, je ne serai pas là à vous faire perdre votre temps et à perdre le mien par la même occasion en ce bel après-midi.

D’accord, elle avait été un peu rude. Le pauvre avait déjà l’air assez perturbé par ce qui lui arrivait ; mais par tous les dieux, pourquoi devait-elle toujours jouer aux messagères ? Elle n’était pas un hibou ! Pas plus qu’elle n’avait jamais été qualifiée comme professionnelle des rapports humains. Par où était-elle censée commencer ? Elle aussi aurait préféré se trouver chez elle ou sur le terrain d’entrainement. Même ici, dans ce parc presque désert, à écouter chanter les oiseaux en dessinant distraitement. Patiente, elle devait être. Ne pas le braquer, ne pas l’effrayer plus qu’il ne l’était déjà. C’était là des choses bien plus difficile à faire qu’il n’y paraissait. Mais au prix d’un effort sur elle-même, elle retrouva une voix égale.

- Je présume que si vous êtes ici malgré tout, c’est que vous… tu ? Il ne sembla pas objecter à ce qu’elle le tutoie, aussi reprit-elle, espérant ainsi le mettre davantage à l'aise : que tu as des questions et des besoins de réponse.

Elle ne savait trop s’il allait partir en courant et disparaitre de son existence aussi rapidement qu’il y était apparu, ne laissant de lui que le souvenir fugace d’un regard contrarié. En revanche, l’attrapeuse avait compris au travers des insistances de sa famille qu’il était important pour eux de retrouver Félix et de nouer avec lui les liens qui n’avaient jamais pu être tissés auparavant.

- Je ne sais pas ce que tu sais, ni ce que tu voudrais savoir, mais puisque nous sommes tous les deux ici, profites-en. Je n’ai jamais connu ton père, mon oncle, mais ma tante m’a parlé de lui, de toi et de tout ce qui te concerne.

Hoshiyo serait fière d’elle : Mitsuhane avait été presque douce et aimable, le laissant désormais libre quant au choix d'en savoir davantage sur feu son père.

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Re: Quand se brise le secret   Quand se brise le secret EmptyJeu 20 Déc - 23:33

Quand se brise le secret
MITSUHANE AKIYAMA
- C’est le principe des cousins, oui, affirma-t-elle en hochant la tête. Si ce n’était pas le cas, je ne serai pas là à vous faire perdre votre temps et à perdre le mien par la même occasion en ce bel après-midi.

Quels propos agaçants ! Visiblement, elle n’était pas ravie elle non plus d’être ici. Raison de plus pour se quitter sur le champ et ne plus jamais reparler de cette histoire. Mais ce qui m’énervait encore plus dans tout ça, c’était les paroles que j’avais moi même prononcées. Avais-je sérieusement demandé à ma cousine si ma grand-mère était aussi sa grand-mère ? Par Merlin, que m’arrivait-il ?


- Je présume que si vous êtes ici malgré tout, c’est que vous… tu ? Que tu as des questions et des besoins de réponse.

Ah ! L’heure du tutoiement avait sonné. Moi qui préférais toujours les conversations plus formelles, je devais avouer que vouvoyer un membre de ma propre famille était assez étrange, même si je n’avais pas eu affaire à l’un d’entre eux depuis une dizaine d’années.

- Je ne sais pas ce que tu sais, ni ce que tu voudrais savoir, mais puisque nous sommes tous les deux ici, profites-en. Je n’ai jamais connu ton père, mon oncle, mais ma tante m’a parlé de lui, de toi et de tout ce qui te concerne.

Bien évidemment que j’avais des questions ! C’était plutôt perturbant de se dire que cette femme connaissait mieux ma propre vie que moi, mais j’allais devoir faire avec même si ça me déplaisait. Je détestais parler de mon passé et je sentais que cette conversation allait être des moins agréables puisque j’allais y être complètement confronté.

- Alors si elle t’a tout dit de moi, dis-je d’un ton plus grinçant que je ne le voulais, tu dois bien t’imaginer ce dont tu vas avoir à me répondre ? Tout ce dont je suis au courant, c’est que mon père est parti peu avant ma naissance. Et je n’ai jamais su pourquoi, ni où il était allé, ni ce qu’il est devenu aujourd’hui. D’ailleurs, je ne savais pas même son nom de famille jusqu’à ce que ta grand-mère ne me contacte.

Un mélange de colère et de tristesse m’enveloppait. Pourquoi m’était-il arrivé tout ça ? Pourquoi mon père était-il parti ? Et où ça ? Y avait-il quelque chose de plus important que d’aimer sa compagne et son propre fils ?

- Tu sais s’il a prévu de revenir un jour ? Demandais-je d’une voix à peine audible, comme si je m’interdisais moi-même de poser ce genre de question.

Comme s’il n’était lui-même pas digne d’intérêt.  



   
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Re: Quand se brise le secret   Quand se brise le secret EmptyMer 26 Déc - 12:52

Quand se brise le secret
avec Felix Harrington



Elle n’en savait rien. Ni comment lui répondre, ni ce qu’elle devait lui dire. Par où commencer, ce qui pourrait l’amadouer. Il lui semblait faire face à un petit chat sauvage qu’elle devrait adoucir pour pouvoir le prendre sur ses genoux. Et se sentait mal. Mal d’être celui qui lui annoncerait qu’il ne verrait jamais son père, qu’il ne connaîtrait jamais la chaleur de ses bras protecteurs et consolateurs, ni qu’il n’entendrait son rire et verrait son sourire. Des pensées meurtrières à l’égard de sa famille se bousculaient dans son esprit, alors que Mitsuhane maudissait sa grand-mère de l’avoir ainsi laissée face au chaton perdu. Et perdue, elle cherchait ses mots, comme Félix cherchait son père. Elle inspira doucement, l’air lui brûlant les poumons, coulant en elle comme une douloureuse coulée d’acide. Le poids du secret lui semblait soudainement écrasant, celui du silence coupable des vingt-neuf dernières années insurmontable. Elle fouilla le ciel et les branches du regard, cherchant un indice qui la guiderait. Mais il n’y avait rien, rien d’autre que la chanson du vent dans les feuilles qui teintaient les uns contre les autres. A celui qui ne semblait plus qu’un petit garçon tremblant, les bras chargés des morceaux épars de son cœur brisé, elle allait annoncer qu’il se trompait depuis le début. Que ses convictions n’avaient pas lieu d’être, qu’il avait grandi englué dans de fausses certitudes. Alors elle éjecta les mots de sa bouche comme elle se serait débarrassée d’un fardeau immonde, se sentant dégoûtée par le goût d’amertume qu’ils laissaient sur sa langue.

-Il ne reviendra pas. Jamais.

Elle songea à son propre père ; l’imaginer mort n’aurait-il pas dû lui faire pousser un élan d’affection à son égard ? Il n’en était rien pourtant. Elle en serait triste, sans doute. Mais n’aurait pas cette douleur pulsante au fond des yeux comme son cousin l’avait. Lui avait dû s’imaginer milles et unes histoires sur son géniteur, penser de nombreuses retrouvailles, ce qu’il lui aurait dit, ce qu’ils auraient fait ensuite. Mais elle avait été juste déçue par le sien. Même si, peu à peu, elle le découvrait aussi, le comprenait un peu mieux. Et lui en voulait un peu plus aussi, non plus seulement de l’avoir délaissée, mais aussi d’avoir tu tant de choses qu’elle aurait pu comprendre depuis longtemps. Alors, était-ce égoïste de ne pas davantage profiter de son père qu’elle avait encore quand nombreux autres n’en avaient pas ? Indubitablement. Mais chacun avait son histoire, et elle n’autoriserait personne à la juger sur les liens qui l’unissaient à ses proches. En attendant, elle devait en dire au petit chaton perdu qui attendait des réponses. Qui avait compris, probablement, la raison de cet impossible retour. Elle ne pouvait le laisser ainsi, sans même lui annoncer clairement ce dont il se doutait probablement désormais. D’une voix ferme mais à présent adoucie, dépourvue de tout l’agacement qu’il y avait lors des premiers échanges qu’ils avaient eu, la japonaise se décida à s’expliquer davantage.

-Il est mort, Félix. Il y a longtemps à présent. Il luttait contre la criminalité magique japonaise, infiltrait certains partis terroristes. Mais il a fini par être démasqué, raison pour laquelle il s’était exilé en Angleterre. Lorsqu’il a compris qu’il avait été retrouvé, il s’est éloigné de toi et de ta mère pour vous protéger, comme il l’avait fait avec les siens au Japon. Il a été tué sans avoir le temps de trouver un moyen sûr qui aurait permis de vous contacter. Ma famille savait que vous existiez mais sans en savoir assez pour vous retrouver. Vous étiez un secret, un secret trop bien gardé.

Sa dernière phrase, Mitsuhane l’avait murmurée pour elle-même plus que pour lui. Oui, c’était Félix, le secret. Celui dont à peine quelques jours plus tôt, elle ignorait même l’existence.

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Re: Quand se brise le secret   Quand se brise le secret EmptyMer 26 Déc - 15:33

Quand se brise le secret
MITSUHANE AKIYAMA
La sorcière garda un moment le silence. Etait-ce si compliqué que de répondre à mes questions ? Elle qui soit disant connaissait les réponses ? A présent, mon envie de savoir était à son paroxysme et je me faisais de moins en moins patient.

-Il ne reviendra pas. Jamais, lâcha-t-elle alors sans plus de cérémonie.

Je demeurai impassible, ne la quittant pas du regard.
Ah.
En fin de compte, ce n'était pas comme si je ne m'en étais pas douté. Bien sûr que non, il ne reviendrait pas ! J'avais été stupide de poser cette question. Il m'avait abandonné une fois, ce n'était pas pour revenir trente ans après. Malgré ma colère, j'étais tout de même un peu déçu. Au fond de moi, je devais avouer que j'espérais encore rencontrer mon père, ne serait-ce que pour avoir des réponses à mes questions, avoir sa propre version, voir si nous nous ressemblions beaucoup comme le disait souvent ma mère.

-Il est mort, Félix, rajouta la japonaise. Il y a longtemps à présent.

Mon regard impassible laissa place à de l'incompréhension. Il était mort ? Ça ne pouvait pas être vrai. Elle devait sûrement mentir. Ma mère était morte déjà, mon père ne pouvait pas l'être aussi.

- Il luttait contre la criminalité magique japonaise, poursuivit la sorcière, infiltrait certains partis terroristes. Mais il a fini par être démasqué, raison pour laquelle il s’était exilé en Angleterre. Lorsqu’il a compris qu’il avait été retrouvé, il s’est éloigné de toi et de ta mère pour vous protéger, comme il l’avait fait avec les siens au Japon. Il a été tué sans avoir le temps de trouver un moyen sûr qui aurait permis de vous contacter. Ma famille savait que vous existiez mais sans en savoir assez pour vous retrouver. Vous étiez un secret, un secret trop bien gardé.

J'avais écouté son récit avec la plus grande attention, ou du moins, j'avais essayé, car plus les mots coulaient de la bouche de la brune, plus je me sentais vaciller. Je finis par me laisser tomber sur le banc, la tête entre les mains. Ce n'était pas vrai. Ma mère m'avait toujours dit qu'il était parti, pas qu'il était mort ! Niant toujours plus fort au point de secouer la tête de droite à gauche, je sentais les larmes monter à mes yeux. Malgré tout, je ne pouvais que remarquer que ce qu'avait dit la japonaise avait un lien avec la version de ma mère. Si mon père était parti pour nous protéger et qu'il n'avait pas eu le temps de nous recontacter, peut-être que maman ne savait pas non plus quel sort avait subi son conjoint.
A présent, je m'en voulais à moi même. Pendant trente longues années, j'avais toujours entretenu une haine sans nom envers mon père, pensant qu'il nous avait laissé tomber parce qu'il avait mieux à faire. Et aujourd'hui, tous ces préjugés que j'avais le concernant venaient d'être balayés par cette funeste nouvelle. Je me détestais d'avoir pensé tant de mal de lui, alors qu'en fin de compte, nous n'étions pas si différents : combattant les forces obscures, il avait voué sa vie pour sauver ceux qu'il aimait, chose que je ferai sans la moindre hésitation. Ce devait vraiment être un bon sorcier, pour avoir su nous cacher aux yeux du monde et que nous n'entendîmes jamais parler de ces agresseurs.

- Je l'ai détesté dès le début, murmurai-je tout de même assez fort pour que Mitsuhane m'entende, je l'ai détesté si fort de nous avoir laissé tomber et je l'ai détesté plus encore lorsque Maman est morte.

Ma voix se brisa. Jamais je n'avais prononcé ces mots à voix haute. Jamais je n'avais vraiment admis qu'elle avait disparu et qu'elle ne reviendrait plus. Refoulant mes sanglots, je relevai la tête et fixai un point dans le parc de mes yeux embués.

- J'avais toujours cru que s'il avait été là, il aurait pu la sauver. Mais en fait, il l'avait déjà fait, avant ?

Je savais bien que la réponse à cette question était oui et que la sorcière devait sûrement me prendre pour un fou à me parler ainsi à moi-même. Je n'avais pas envie qu'elle me voit dans cet état et qu'en plus, ça la mette mal à l'aise. J'avais envie de me retrouver seul mais en même temps, sa présence à elle avait quelque chose de rassurant. Quelque chose que l'orphelin que j'étais avait cherché sans vraiment le savoir, depuis une dizaine d'années. Une famille ?

- Merci, soufflai-je faiblement en levant les yeux vers elle. Merci de me l'avoir dit.



   
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Re: Quand se brise le secret   Quand se brise le secret EmptyJeu 27 Déc - 11:16

Quand se brise le secret
avec Felix Harrington



Il n’y eu aucun cri, pas de sanglots bruyants, nulle récrimination. Seulement quelques larmes qui semblèrent monter à ses yeux noirs alors qu’il comprenait qu’il s’était fourvoyé et qu’il ne verrait plus jamais ses parents. Adieu, espoirs vains. Partis, envolés comme quelques lambeaux de fumée dans le ciel rosé du matin, la nuit s’achevant pour laisser débuter le jour. Lui aussi se trouvait dans un croisement important de sa vie : ce qu’il avait cru était faux, la vérité qu’il ignorait et semblait n’avoir jamais même imaginée le rattrapait. Le laissant digérer ce qu’elle venait de lui apprendre, Mitsuhane s’assit à ses côtés sur le banc. Avec prudence, comme elle l’aurait fait auprès d’un animal blessé. Et tandis que son cousin pleurait ce père qu’il ne connaîtrait jamais, elle leva simplement les yeux vers les entrelacs verdoyants les surplombant, attendant patiemment que vienne le moment où il parlerait de nouveau. Elle n’avait rien de plus à ajouter. Et même lorsqu’il lui parla, elle ne sut quoi répondre. Elle n’était pas réputée pour être exceptionnellement loquace, n’avait jamais été très douée pour réconforter autrui. Aussi se contenta-t-elle de l’écouter attentivement, assise à ses côtés, parce que c’était ce qu’elle savait le mieux faire en de telles circonstances. Ecouter. Il ne lui avait pas encore demandé de partir, aussi estimait-elle qu’à défaut d’apprécier sa présence, sans doute l’acceptait-il. Ses propos n’invitaient pas réellement à une quelconque réponse, du moins jusqu’à ce qu’il la remercie. Elle cilla, surprise un instant, ne s’attendant pas à cela. Ou du moins, pas de suite. Pas si tôt. Où donc était l’enfant boudeur qu’il était en arrivant ? Le dévisageant un bref instant, Mitsuhane reprit finalement son admiration d’une feuille particulièrement bien formée pour lui répondre.

- Cela fait long, trente ans, pour apprendre la vérité. A attendre en vain. A brûler de haine.

Elle ne désirait nullement creuser davantage la plaie béante de son cœur meurtri, mais compatissait avec l’homme à ses côtés. N’était-il pas d’usage de présenter ses condoléances, de s’excuser d’apporter si mauvaise nouvelle ? Mais si elle respectait scrupuleusement la grande majorité des nombreuses règles de la bienséance, il en était une qu’elle ne pouvait tolérer, et c’était bien celle-ci. Pourquoi devrait-elle s’excuser quand elle n’était responsable de rien de tout cela ? Elle n’avait pas tué le père de Félix, n’était pas responsable non plus de la mort de sa mère. Maladroitement, elle tenta de lui offrir une autre vision de la situation, de lui rappeler qu’il aurait désormais des appuis s’il le souhaitait.

- Ce doit être étrange, de se découvrir une famille aussi soudainement. Je suis venue seule en Angleterre pour des raisons professionnelles, mais tu seras le bienvenu au Japon si tu veux rencontrer mon père et Grand-Mère.

Elle ne précisa pas qu’il y avait peu de chance qu’il puisse entretenir une longue discussion avec son oncle paternel ; peut-être, pour l’enfant de son frère dont il avait été proche de son vivant, ferait-il l’effort d’être présent. De répondre à ses questions, de lui parler de son père. Quant à leur grand-mère, elle viendrait sous peu en Angleterre et quand bien même ne resterait-elle que très peu de temps, il n’y avait aucun doute qu’elle se précipiterait à la rencontre de ce petit-fils méconnu et ne cesserait par la suite de tenter de fixer d’autres rendez-vous.

- Ton père y a été enterré. Et… si tu veux passer à mon appartement, n’hésite pas. Je suppose que tu as et auras encore des questions.

Ou simplement l’envie de nouer des liens avec ceux qui partageaient son sang, se découvrir sa famille. Mais Mitsuhane n’avait guère l’habitude de s’approcher de tout ce qui pouvait relever du sentimentalisme, aussi se contenta-t-elle d’adresser un bref mais sincère sourire à son cousin, espérant qu’il saurait lire entre les lignes.

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Re: Quand se brise le secret   Quand se brise le secret EmptyJeu 24 Jan - 15:56

Quand se brise le secret
MITSUHANE AKIYAMA
Je jetai un coup d’œil à la brune qui prenait la parole et constatai que son regard était lui aussi perdu dans le vide, fixant un point que je n’aurai su déterminer.

- Cela fait long, trente ans, pour apprendre la vérité. A attendre en vain. A brûler de haine. 

Elle n’avait nullement tort. C’était long, trente ans. Pourquoi n’avais-je pas appris tout cela plus tôt. Pourquoi ma « famille » ne m’avait-elle jamais contacté ? Quel intérêt de le faire maintenant ? Une colère nouvelle se mit à souffler en moi, contre cette nouvelle famille que je découvrais, cette famille qui s’était cachée dans l’ombre tout ce temps.

- Ce doit être étrange, de se découvrir une famille aussi soudainement. Je suis venue seule en Angleterre pour des raisons professionnelles, mais tu seras le bienvenu au Japon si tu veux rencontrer mon père et Grand-Mère.

- Ca ira, répondis-je froidement.

- Ton père y a été enterré. Et… si tu veux passer à mon appartement, n’hésite pas. Je suppose que tu as et auras encore des questions. 

Je m'apaisai suite à cette remarque. En effet, j'aurais des questions. Et me rendre à l'endroit où mon père avait été enterré me sûrement ferait du bien, psychologiquement parlant. Ca apaiserait peut être cette partie de moi qui a toujours recherché cette présence paternelle. Quoique je n'étais pas psychomage… J'y emmènerai Iako, ça lui ferait du bien de voyager, et peut-être qu'il aimerait ça, le Japon.

- Tu as raison, répondis-je plus calmement. J'aurais sûrement des questions, mais pas tout de suite... ça va me changer de me dire qu'à présent je ne suis plus vraiment seul, d'autant plus que ton appartement ne dois pas être bien loin de là où j'habite, Chemin de Traverse.

Je ne savais pas vraiment comment m'y prendre avec cette nouvelle famille, mais il fallait avouer que même si la vérité sur mon père m'attristait énormément, j'étais content d'avoir trouvé quelqu'un qui m'était "proche" d'une certaine manière. Néanmoins pour le moment, je préférais réfléchir à tout ça seul. D'ailleurs, il était temps pour moi de partir.

- Je vais devoir y aller Mitsuhane, annonçai-je, mais je suis certain que l'on en viendra à se revoir.

Peut-être mes fêtes de 2006 seraient moins mornes cette fois-ci. Mais pour l'instant, il me fallait encore un peu de temps avant de me faire à cette nouvelle qui venait brusquement de changer ma vie.



   
Where there is anger,

“There is always pain underneath.”

   

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Re: Quand se brise le secret   Quand se brise le secret EmptyDim 17 Fév - 15:38

Quand se brise le secret
avec Felix Harrington



-… Très bien. A bientôt alors, peut-être.

Pensive, Mitsuhane le regarda partir, sa silhouette sombre s’éloignant vers, supposait-elle, un peu de son environnement familier et réconfortant. Leur rencontre avait été brève mais intense, lui laissant dans la bouche le gout légèrement amer de l’inachevé. Si brève qu’il lui semblait encore voir briller ses larmes glissant le long des courbes de l’herbe verte, si brève que ses prunelles sombres avaient déjà oublié le visage de son cousin. Elle soupira doucement, écartant distraitement une feuille taquine qui lui chatouillait la joue, songeant à sa famille. Félix savait-il seulement combien cette notion était importante pour son peuple, auquel il appartenait pour moitié ? S’il devait en faire partie, alors il lui faudrait accepter de rapidement rencontrer les uns ou les autres. C’était une conception bien plus complexe que pour les occidentaux. Et sans doute sa grand-mère, non, leur grand-mère ‒ l’idée de partager ainsi ses proches avec un inconnu était pour l’heure toujours sensiblement dérangeante ‒ avait-elle souffert plus qu’aucun d’entre eux ne pouvait l’imaginer, de savoir son fils et son petit-fils ainsi exilés. La japonaise espérait désormais que le jeune homme verrait la vieille dame avec calme et peut-être même une certaine affection, à présent qu’il en savait plus sur cet « abandon familial » totalement involontaire des Akiyama. Elle supposait qu’elle le saurait bien assez vite. Peut-être ne le reverrait-elle jamais après tout, et ne serait-il alors dans sa mémoire qu’une tempête soudaine et solitaire vite disparue ; apparaissant soudainement dans le ciel tranquillement gris de son existence pour laisser éclater sa colère et ses larmes avant de disparaitre vers d’autres contrées. Elle lui avait laissé le choix, de renouer avec son passé si longtemps cherché ou de poursuivre seul. Juste avant qu’il ne s’éloigne, l’attrapeuse des Pies avait rapidement fouillé ses propres affaires à la recherche d’un morceau de papier vierge ‒ qui s’était avéré être une publicité pour une nouvelle boutique de vêtements sur le chemin de traverse, rapidement fourré dans son sac ‒ et avait rapidement tracé son adresse en lettres capitales au dos de l’image mouvante. Après réflexion, elle se demandait néanmoins si ç’avait été là une bonne idée. Elle aimait sa tranquillité, et si elle appréciait de voir famille et amis régulièrement, les visites impromptues avaient hélas souvent tendance à venir aux plus mauvais moments.

Mitsuhane releva les yeux vers le ciel, observant rapidement le temps clément du jour. Puisque le soleil brillait et que la température était agréable, une promenade pourrait s’avérer une excellente idée. Inutile de s’interroger davantage sur Félix ; il lui avait pris jusqu’alors, bien qu’involontairement, assez de temps et d’énergie pour qu’elle en perde davantage en de vains pronostics. S’étirant tranquillement au soleil tel un tournesol resté trop longtemps à l’ombre, la jeune femme s’engageant d’un pas tranquille vers les sentiers du parc.

Codage par Rosalind Fawley


Quand se brise le secret 181122091356725514

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