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Divagations de Mitsuhane Akiyama   Divagations de Mitsuhane Akiyama EmptyDim 5 Mai - 13:05


Nuit agitée





Elle papillonna des yeux, cherchant à fixer ses iris sombres sur les murs clairs qui l’entouraient. Elle grand appartement londonien. Difficilement, Mitsuhane se redressa sur les coudes, avant qu’un regain d’énergie ne vienne de plein fouet la frapper, lui arrachant un sourire enthousiaste. Il y avait un match aujourd’hui. Frémissante d’excitation, elle se leva. Ou plutôt, tenta de se lever. Rien ne se passait. Ses jambes… Que… ? Ses jambes ne répondaient plus ! Elle tenta de les attraper, les mettre au sol, les déplacer, mais elles lui semblaient clouées sur le lit aux draps froissés. Semblant la narguer, branches de chair inertes, qui pourtant d’apparence paraissaient parfaitement fonctionnelles. Elle cilla puis tenta de souffler plusieurs fois pour se calmer, sa respiration haletante sous la panique qui lui serrait la gorge. La chambre tanguait, le lit semblait se balancer.

-C’est mieux comme ça, tu sais, tu ne seras pas à la hauteur de toute façon.

Relevant la tête, hébétée, la japonaise releva les yeux sur Hoshiyo qui la fixait d’un air grave. Que faisait-elle ici, si soudainement ? Ce n’était pas logique, ce n’était pas normal. Mais déjà elle oubliait cette étrangeté comme si elle ne l’avait jamais remarquée et, effrayée par la situation, crispa les doigts sur ses membres immobiles.

-Hoshiyo, qu’est-ce que… qu’est-ce qu’il se passe ?

L’autre ne répondit pas, se contentant de la regarder avec sérieux. Elle était jeune, à peine une dizaine d’années. Confusément, son ainée se sentait perturbée d’une si grande différence d’âge entre elles, sans en comprendre l’origine. Elle l’appela, lui demandant de l’aide, perdue. Mais sa cadette demeurait silencieuse telle une triste poupée de cire à la peau pale, aux yeux de ténèbres et au visage fermé. Puis, lentement, un rictus vint déformer ses traits harmonieux, ses lèvres boudeuses formant, en une moue malsaine, « non ».  

-Tu m’avais dit que tu me protègerais, mais tu es partie toute seule dans ton coin, préférant le Quidditch à ta famille. A moi !  Tu aurais dû rester. Tu seras toute seule maintenant, coincée ici. Tu voulais plus, n’est-ce pas ? Tu étais connue au Japon et bien entourée. Mais ici tu n’es rien, tu n’as rien… même pas moi, parce que tu m’as laissée, avec eux.

Un éclair vert jailli de nulle part, qui frappa la jeune fille de plein fouet. Son corps se tordit sous le choc, et dans un spasme accompagné d’un hurlement de son ainée elle s’effondra sur le parquet vernis. Non, non pas du parquet ; sur les tatamis qui couvraient le sol de sa maison natale dans laquelle elles se trouvaient maintenant. Pourtant, le cadavre continua à parler :

-Tu vois, c’est de ta faute. Ils sont venus, à cause de Père, mais tu le savais. Tu t’es enfuie comme une lâche pour ta prétendue passion, mais tu aurais dû rester. D’ailleurs, tu vas rester, maintenant.

C’était trop, trop pour Mitsuhane, trop à supporter et admettre. Dans un sursaut, le monde se troubla, le temps se figea, revint en arrière ; à nouveau elle s’affola de ses membres postérieurs inertes, souffrit des mots culpabilisants de Hoshiyo. Puis vint encore l’éclat vert frappant cette dernière qui s’effondra dans un spasme, l’accusant encore. Un nouveau soubresaut de son environnement, et le cauchemar encore une fois recommença, jusqu’à ce que cette fois nul sortilège impardonnable ne vienne frapper l’enfant qui n’en parla pas moins pour autant.

A demie allongée sur les tatamis d’un rouge profond, l’attrapeuse tira sur ses jambes inertes, tendit la main vers son balai appuyé au mur, tenta un « accio » inutile sous le regard impavide de la petite l’observant avec attention. Puis sans vraiment comprendre comment elle avait outrepassé la distance initiale entre elle et l’objet de sa convoitise, elle posa la main sur le manche qui s’effrita entre ses doigts. Et pendant qu’allongée sur le sol, elle fixait, interdite, la poussière dans ses mains, les murs se rapprochèrent, lentement, pour mieux la garder. Ils grinçaient, couinaient, murmuraient et hurlaient tout à la fois ; avançant inexorablement, semblant n’avoir d’autres buts que de l’emprisonner ou pire de l’écraser. Une main posée sur la cloison, arc-boutée contre ce qui une fraction de seconde plus tôt était une fenêtre – debout sans s’interroger sur l’état de ses jambes désormais parfaitement fonctionnelles – l’attrapeuse appuya de toutes ses forces sur cette geôle rétrécissant. Il y eu un craquement, et elle vit le corps de sa sœur se briser.


-Ne vas-tu pas me sauver ? Sa voix avait les accents surprenants d’une curiosité innocente, tandis que la fillette poursuivait, le visage triste : Ils vont revenir nous chercher. Je ne veux pas être toute seule, j’ai peur… J’ai peur, Mitsu, reste ou emmène-moi avec toi…

L’enfant fondit en larmes silencieuses, alors que la pièce faisait désormais à peine trois ou quatre mètres carrés.  Hébétée, l’interpellée s’avança pour la prendre dans ses bras, la serrant contre elle en lui caressant la tête, l’apaisant de son mieux, la rassurant. Puis une ouverture soudaine apparue dans la pièce devenue totalement close, une chance de survie, une échappatoire plus que bienvenue. Elle se releva, tirant son paquet humain avec elle, décidée à se sauver loin de cet étouffoir. Des doigts se crispèrent alors sur son épaule, si fort qu’ils lui semblaient déchirer ses chairs et déchiqueter ses muscles. Qui se déplacèrent, rapides et légers comme des insectes tueurs, jusqu’à sa gorge qu’ils entourèrent avec force. Elle se débattit, tenta de repousser les doigts frêles mais ô combien forts, d’éloigner les serres humaines qui s’accrochaient à elle. Ses poumons la brûlaient, chaque inspiration devenait douloureuse et un sang chaud coulait sur sa poitrine. Son sang. Non, non pas le sien, celui, dégoulinant chaque pore de sa peau, de sa cadette qui l’étranglait. « Reste, avec moi, tu ne peux pas partir, tu ne dois pas nous abandonner. Reste, protège-moi, tu es ma sœur. Ne me quitte jamais plus. ». Elle sentait plus que ne voyait les murs qui tentaient de l’écraser tandis qu’elle haletait sous la pression des mains familières, les ongles fins devenus des serres qui perçaient un peu plus la peau tendre de son cou.


Ouvrant grand les yeux, Mitsuhane cilla plusieurs fois, frissonnant dessous sa légère couverture sans que le froid n’en soit responsable. Tâtonnant fébrilement dans le noir, sa main tremblante rencontra finalement l’interrupteur de sa lampe de chevet qu’elle alluma à la hâte. Elle inspira longuement, plusieurs fois, avant de s’asseoir dans son lit, tentant de maitriser les tremblements de ses mains. Son tee-shirt lui collait à la peau et lorsqu’elle se leva totalement pour se diriger vers sa baie vitrée qu’elle ouvrit assez pour sentir le vent frais de la nuit sur son corps, elle aperçut la petite lumière de son téléphone qui lui signalait un message reçu. Elle s’était endormit en oubliant de l’éteindre. Récupérant l’appareil, elle ouvrit l’application de messagerie instantanée et lu le message de sa sœur qui s’affichait en grand sur l’écran : « Coucou Ane, j’en profite d’avoir le portable de notre tante pour te faire un petit coucou. Tout va bien ici, j’espère que t’habitues bien à ta nouvelle vie, je viendrai sans doute prochainement. Reviens vite nous voir aussi, tu nous manques, surtout à moi. Gros bisous. Hoshiyo ». La destinataire inspira doucement, la main crispée sur le téléphone comme pour le broyer, avant de reposer l’objet sans répondre au sms. Elle avait avant tout besoin de retrouver sa sérénité.

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