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Affaires de moldus
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Une silhouette du passé   Mer 27 Déc - 17:38

Une silhouette du passé
ft. Gabriel Truman
Jour off pour Lou. Après avoir bûché toute la semaine à Sainte-Mangouste, la demoiselle s'accordait un peu de bon temps à flâner dans son quartier favori de Pré-au-Lard. Ce lieu lui évoquait tout un tas de choses; son présent puisqu'elle y habitait, mais également les fantômes de son passé. Il n'y avait pas si longtemps encore, lorsqu'elle était toujours étudiante à Poudlard, la brune avait l'habitude de se promener dans ces rues pavées, parfois seule, parfois accompagnée d'un certain Poufsouffle qu'elle n'avait plus revu depuis... plus d'un an ?

C'est justement en s'arrêtant devant la vitrine de Derviche & Bang qu'elle y songea, comme un sentiment qui vous prend à la gorge. Cette vitrine, ils avaient l'habitude de la contempler à deux, comme les gamins qu'ils étaient, à baver sur les accessoires de Quidditch presque intacts que les riches délaissaient. Quand elle repensait à Gabriel, et plus largement cette époque, son coeur se serrait à mesure que la colère grondait. On ne pouvait pas lire la tristesse dans ses yeux mais un vide assassin. Lou n'était pas le genre de filles à avoir toute une clique derrière elle. Accordant peu facilement sa confiance - et parfois par snobisme - elle n'avait que quelques acolytes capables de déceler son espièglerie, et Gab en faisait partie. Il était même le plus important de ces éléments. Aujourd'hui, il n'était plus là. Sans un mot, sans prévenir, sans la prendre en considération, il était parti. Lui qui avait su la faire sourire quand tout le monde pensait qu'elle en était incapable, lui qui avait pris la peine de creuser derrière sa carapace de prétentieuse petite Serdy, lui qui l'avait partiellement changée, il n'était plus là.

Elle se remémorait souvent leurs éclats de rires. Elle se souvenait de la première fois qu'elle l'avait vu glouton dans les cuisines de Poudlard, se cachant des elfes pour grignoter sa cuisse de poulet jusqu'au dernier moment. Elle se souvenait du défi qu'il avait relevé avec brio lorsqu'il s'était baigné dans le lac glacial et boueux de Poudlard pour lui remettre un hippocampe volant. Et leurs discussions interminables sur les gradins du terrain de Quidditch... Gabriel Truman était son meilleur ami, en fait... Avait-elle déjà pris la peine de le lui dire ? Non. Jamais. Pas une fois. Ces choses-là ne se revendiquaient pas, elles étaient implicites, évidentes. Ca coulait de source. Pourtant, maintenant qu'il n'était plus là, la médicomage si indépendante et débrouillarde qu'elle incarnait avait perdu sa béquille. Un comble ! Lou regrettait amèrement de ne jamais lui avoir dit à quel point il était important, et elle regrettait d'avoir cru l'être autant en retour. Pour elle c'était évident: on ne quitte pas les gens qu'on aime sans donner d'explication, ça n'a pas de sens...

En reprenant sa route, elle crut reconnaître le dos du fameux garçon chez l'inconnu qui marchait devant elle. Un sourire se dessina sur ses lèvres mais il disparut bien vite au profit d'un roulement de ses globes oculaires. A force de trop y penser, elle avait des hallucinations... Lorsque elle aperçut le profil du mystérieux garçon qui semblait observer un détail sans importance sur le trottoir d'en face, son sang ne fit qu'un tour. Tout juste si elle ne faisait pas une syncope, ne sachant trop si elle devait le suivre ou s'arrêter tout net pour reprendre ses esprits. Cette fois, elle en était quasi sûre. Ce ne pouvait être que lui... Ce petit nez en trompette, ces sourcils broussailleux, cette fossette... C'était Gabriel...

Le coeur battant, elle suivit le jeune homme sans trop savoir quoi faire... Ce manège dura bien cinq bonnes minutes durant lesquelles la brune se trouvait pathétique. Ce genre de filature ne lui ressemblait pas... Sachant qu'il y avait toujours une probabilité qu'elle délire complet. Elle accéléra le mouvement.

- Excusez-moi, se lança-t-elle nerveusement en tapotant l'épaule du grand brun.

C'était lui. Gabriel Truman était là, face à elle. Il n'avait pas changé, ou peu. Quelque chose semblait différent mais en cet instant elle n'aurait su dire quoi exactement. Maintenant qu'elle était là, plantée comme une imbécile devant celui qui avait disparu depuis plus d'un an sans prendre la peine de lui laisser un petit mot, elle se sentait bien bête. Elle resta coite quelques secondes, complètement abasourdie, puis sa mine changea radicalement. Ses sourcils se froncèrent, ses pupilles devinrent noires, et ses lèvres tremblaient à force de retenir tout son dégueuli de mots. Il y avait quelque chose de comique à cette situation et pour un peu le Gab qu'elle avait connu se serait fichu d'elle illico ! Toute manière elle ne lui en laissa pas l'opportunité.

- TRUMAN !! gronda-t-elle en le tapant violemment sur l'épaule. Qu'est-ce que... qu'est-ce que... MAIS. JE...

Elle le contempla entre fascination et rancoeur. Elle voulait lui dire "T'étais où ?! C'était quoi ce cirque ?! AH T'ES VIVANT ! J'EN SUIS RAVIE !", mais à la place elle retrouva son calme en adoptant une attitude ostensiblement hypocrite, optant difficilement pour l'indifférence à la manière d'une petite fille capricieuse qui fait du boudin. Elle croisa ses bras, haussa ses sourcils, et le toisa de haut.

- Alors ? Ca va la vie ? Tout se passe bien pour toi ? T'es parti à la recherche d'un horcruxe que Potter aurait éventuellement zappé y'a sept ans ? C'était fructueux ?

Oui, bon. Elle devait être ridicule mais elle en avait gros sur la patate !







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Re: Une silhouette du passé   Mer 27 Déc - 18:37


Une silhouette du passé

avec Lou Perkins

Pré-au-Lard... Quel endroit rempli de souvenirs pour Gabriel. A chaque pas qu'il fait, il a l'impression que sa gorge se serre. Le quartier était riche de bons moments, de fous rires, de farces... Les regrets l'assaillaient bien plus qu'il ne l'aurait cru. Depuis la semaine qu'il avait emménagé dans le coin, c'était la première fois qu'il prenait la peine de se ressourcer. Mais au final cela lui fit bien plus de mal que de bien.

Il venait de revenir du Paraguay en urgence, le coeur lourd. Sa mère avait contracté une maladie post-traumatique. Elle n'avait jamais su se remettre de la perte de son époux et sa fille aînée. A cette pensée, Gabriel s'arrêta dans la rue. Ca faisait si mal de penser à eux, de se souvenir. Ca lui rappelait sa condition qu'il avait tant de mal à accepter, mais ça lui rappelait surtout tout ce qu'il avait abandonné.

Si au départ il avait tout plaquer pour se chercher, il du reconnaître qu'il avait fini par fuir l'actuelle situation sans penser aux autres, à ses amis ou à sa famille. Le brun avait trouvé refuge en Afrique centrale, un endroit qu'il n'aurait jamais même rêvé de visiter. Peu de gens y habitaient, et il trouvait bien souvent bonne compagnie avec les animaux sauvages. Sans doute fallait-il remercier son don nouvellement acquis avec une certaine aigreur et amertume.

Il avait ainsi commencé à trouver une meilleure compagnie avec les animaux qu'avec les humains. Il se sentait moins coupable, parce que lui qui était si sociable, avait peur de faire trop de mal. Reclus plus qu'autre chose, Gabriel se découvrait une nouvelle facette. Cette dernière l'effraya, mais au contact d'une tribu de sorciers en Afrique, il pu relativiser et appréhender sa condition. Ainsi, Gabriel pu revivre un peu, sortir des ténèbres qu'il haïssait.

Son voyage commença alors ainsi. D'un continent à un autre, le Poufsouffle découvrait tellement de nouvelles choses, et rencontrait de nouvelles personnes. Mais toutes ces aventures ne le comblaient pas. Il s'était perdu à mi-chemin, il lui manquait quelque chose... sans savoir quoi. Au final, son aventure fut de courte durée, puisqu'après une lettre de détresse d'Hernesta, sa soeur cadette, il retourna en Angleterre bien rapidement.

Il secoua la tête, sortant de ses souvenirs. Il avait erré dans Pré-au-Lard sans s'en rendre compte. Certains aspects ne changeaient pas de toute évidence, et cela lui arracha un sourire triste. Depuis qu'il était de retour, il n'avait pas vu ses anciens amis. Il ne savait pas comment il pourrait leur faire face. Après tout, il était celui qui avait disparu sans laisser de trace. Quel droit avait-il de recontacter son meilleur ami ? Et Lou ?

Ce dernier nom évoqua tellement de bons souvenirs. La réminiscence était douce. C'était le souvenir cette personne même qui l'avait poussé à choisir une habitation à Pré-au-Lard. Il n'y résidait pas ou peu, puisque sa soeur comptait sur lui, mais avoir un point d'accroche et son petit jardin secret le soulageait d'une certaine manière. Prudemment, un pas devant l'autre, Gabriel se laissait porter par ses jambes. Ses pensées devenaient un peu plus positives à chaque endroit qu'il remarquait et il arrivait à oublier temporairement tout ce qui le tracassait.

- Excusez-moi.

On lui tapota sur l'épaule. Surpris, Gabriel se tourna. Avait-il fait tomber quelque chose de sa poche ? Ca ne serait pas surprenant au vue de sa maladresse légendaire. Mais non. Devant lui, il avait la personne qu'il souhaitait le plus voir. Le contraire était pourtant tout aussi vrai. Face à lui, il y avait la brune si pétillante qu'était Lou Perkins. La Serdaigle semblait le toiser de surprise. Les deux jeunes adultes se regardaient en chien de faïence.

Gabriel ne savait pas quoi dire. Devait-il commencer par des excuses ? Devait-il simplement faire comme si de rien n'était ? Devait-il partir ? Comment Lou réagirait-elle ? Est-ce que seulement elle le laisserait repartir vivant ? L'idée de mourir ne lui faisait pas peur, plus depuis l'année dernière. Mais se résoudre à laisser sa soeur seule... C'était impossible.

Mais en voyant les traits faciaux de la Serdaigle se déformer, Gabriel se demanda soudainement si implorer son pardon ne serait pas la meilleure solution. Ses yeux semblaient lancer des Avada Kedavra, et il aurait pu jurer sentir l'air se glacé - pas qu'il fasse spécialement chaud en ce mois d'Octobre, mais l'atmosphère rafraichissait vraiment le duo.

- TRUMAN !! Qu'est-ce que... qu'est-ce que... MAIS. JE...

Il se faisait frapper à l'épaule, mais ne sentait rien, son coeur étant bien plus douloureux. Il chercha à lui offrir un sourire désolé mais n'était pas lui-même convaincu par sa mimique. Il laissa donc les choses se faire. Lou semblait avoir beaucoup de choses à dire, et c'était justifié. Il était d'ailleurs prêt à écouter tout ce qu'elle avait à dire, que ça soit en bien ou en mal. Il le méritait. Mais à la place, la brune se calma. Gabriel frissonna. Finalement, sa colère avait quelque chose de plus rassurant.

- Alors ? Ca va la vie ? Tout se passe bien pour toi ? T'es parti à la recherche d'un horcruxe que Potter aurait éventuellement zappé y'a sept ans ? C'était fructueux ?

Les sourcils de Gabriel se relevèrent. S'ils avaient pu se détacher, ils auraient sans doute trouvé de quoi vivre sur la lune tant il était surpris. Malgré sa colère, Lou semblait ne pas avoir perdu son sarcasme. Il était rassuré et c'est sans doute parce qu'elle était toujours fidèle à elle-même qu'il se lança dans un numéro de l'ancien Gabriel.

- Lou ! commença-t-il. Quelle surprise ! Tout d'abord, je m'excuse, vraiment. Genre sincèrement. Je me mets à genoux pour prouver ma bonne foi !

Il exécuta ses dires, et offrit un sourire malicieux à son amie. Finalement, il ne jouait pas. C'était si bon de se retrouver. Il venait de comprendre ce qui lui avait manqué. Il s'inclina même encore plus, attirant les regards de quelques curieux.

- Je comprends que tu m'en veuilles à mort, mais genre... plus que mort même. Et je comprendrais aussi que tu ne veuilles plus me parler. J'ai été un crétin. Même pire que ça. Moi j'ai pas le mot exact, mais te connaissant, tu dois certainement avoir le terme qui me correspondrait le plus.

Il se releva, offrant un regard désolé à son amie. Il se racla la gorge. Devait-il attraper la perche qu'elle lui avait tendu ? Réussirait-il à s'en sortir en jouant à ce jeu dangereux ? Parce que lui, mieux que personne, savait pertinemment ce dont était capable la Serdaigle. De toute façon, il n'en serait certain que s'il se lançait. Ca passait, ou ça cassait.

- Eh ben figure toi que oui, le grand Harry Potter a oublié d'éliminer un horcruxe. C'était un petit Botruc tout mignon. Et il m'a souvent filé entre les doigts... Il m'a posé beaucoup de problèmes. On ne se rend pas compte, mais ces petites créatures sont très vicieuses quand elles s'y mettent. Et comble de l'horreur, quand ils se réunissent, impossible de les différencier, j'te jure !

Il rit un peu. Les histoires gargantuesques qu'il pouvait inventer lui avaient manquées. Il ignorait si c'était réciproque, mais il n'osa pas tellement demander à son interlocutrice. Il continua tout de même.

- Mais vois-tu, je suis le grand Gabriel Truman ! Rien ne me résiste, et me voilà de retour ! Mais et toi ? Comment ça va ? Tes examens se sont bien passés ? Il s'arrêta un instant et se frappa le front avec la paume de sa main. Evidemment qu'ils ont du bien se passer ! Rien ne te résiste, te connaissant tu as du exceller ! Du coup, qu'est-ce que tu deviens ?

Finalement, il avait opté pour la familiarité. Ca ne serait pas lui s'il n'était pas ainsi. Gabriel sourit à Lou de toutes ses dents. Maintenant qu'il l'avait en face d'elle, il réalisait combien il avait été idiot de ne pas lui avoir envoyé ne serait-ce qu'un mot. Il réalisait aussi combien elle était essentielle à sa vie. Son air renfrogné, ses remarques acerbes envers les autres, son rire mutin, ses idées diaboliques mais terriblement amusantes, ses joutes verbales avec lui...

- Je suis désolé, t'as pas idée, marmonna-t-il.





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Re: Une silhouette du passé   Jeu 28 Déc - 4:16

Une silhouette du passé
ft. Gabriel Truman
- Lou ! Quelle surprise ! répondit le garçon pris la main dans le sac. Tout d'abord, je m'excuse, vraiment. Genre sincèrement. Je me mets à genoux pour prouver ma bonne foi !

Ce qu'il fit.

ALORS LA... Lou n'en croyait pas ses yeux. Bouche ouverte de lassitude, yeux plissés de rancoeur, totalement outrée par son élan "à-la-Gab", ce Gab toujours aussi charmant qui vous désarme par le simple son de sa voix et ses lancées chevaleresques... Comme un enfant qui aurait cassé un vase de valeur et qui s'en excuserait, penaud. Tout juste si elle n'allait pas passer pour la méchante maman qui prépare injustement sa réprimande. Tsssss !! Vil petit manipulateur !!! Elle sentait même un sourire forcer le barrage de ses lèvres, si bien qu'elle dut fermement se mordre l'intérieur des joues pour garder un semblant de crédibilité. Les badauds commençaient à lancer des regards curieux dans leur direction et ça devenait gênant.

- Relève-toi, s'il te plait relève-toi maintenant... chuchota-t-elle nerveusement.

Comme au bon vieux temps, il n'en fit qu'à sa tête et poursuivit sa petite tirade désolée à terre.

- Je comprends que tu m'en veuilles à mort, mais genre... plus que mort même. Et je comprendrais aussi que tu ne veuilles plus me parler. J'ai été un crétin. Même pire que ça. Moi j'ai pas le mot exact, mais te connaissant, tu dois certainement avoir le terme qui me correspondrait le plus.

- Une patate ! T'as été une patate !! ragea-t-elle en essayant de paraître très remontée. Elle l'était pourtant, mais pour une mystérieuse raison il lui manquait un peu de crédibilité. Peut-être qu'en lui disant ce qu'il attendait il arrêterait son cirque... Mais ça va je te dis, reste pas là !!

Bien vu. Il se remit à sa hauteur le regard tout contrit à la manière d'un chien battu. L'ex-Poufsouffle la connaissait par coeur, il savait que c'était sa faiblesse mais il devait aussi se douter que cela ne serait pas suffisant pour faire table-rase de cette année de silence-radio.

- Eh ben figure toi que oui, le grand Harry Potter a oublié d'éliminer un horcruxe. C'était un petit Botruc tout mignon. Et il m'a souvent filé entre les doigts... Il m'a posé beaucoup de problèmes. On ne se rend pas compte, mais ces petites créatures sont très vicieuses quand elles s'y mettent. Et comble de l'horreur, quand ils se réunissent, impossible de les différencier, j'te jure !

- Pfffff...

Non mais n'importe quoi ! Elle le regardait l'air de dire: "Sérieusement ? Tu me fais le coup de l'humour ? Tu crois que tu vas t'en sortir comme ça ?!" Et le pire c'est que ça marchait, même si elle concentrait tous ses efforts pour le masquer. S'empêcher d'exploser de rire devant sa répartie et son imagination débordante devenait pénible, mais elle tenait bon. Si ses yeux balançaient des éclairs, leur lueur trahissait des serpentins clownesques...

- Mais vois-tu, continua-t-il sans se débiner, je suis le grand Gabriel Truman ! Rien ne me résiste, et me voilà de retour ! Mais et toi ? Comment ça va ? Tes examens se sont bien passés ? Evidemment qu'ils ont du bien se passer ! Rien ne te résiste, te connaissant tu as du exceller ! Du coup, qu'est-ce que tu deviens ?

Ben bien-sûr, lance-toi des fleurs et flatte-moi au passage !

Non mais... QUEL CULOT. Et voilà qu'il lui montrait la blancheur de sa dentition parfaite !

- Je suis désolé, t'as pas idée, marmonna-t-il pour l'achever.

Lou se demandait sérieusement s'il ne le faisait pas exprès. Comment lui en vouloir ?! Elle cligna nerveusement des yeux à plusieurs reprises, comme si elle luttait contre un élan vital. Cela dura une bonne dizaine de secondes, sans voix, et puis... et puis à quoi bon...

- Arrrrrrrrrgggggghhhhhhh !!!

Un cri du coeur qui s'était extirpé de ses poumons pour accompagner une gestuelle de capitulation, levant les yeux au ciel pour condamner un seigneur trop tolérant, agitant ses poings serrés le long de son corps, gesticulant sur place, tout ça en 3 secondes chrono.

- Ouais ouais j'ai géré mes exams mais... elle secoua la tête comme pour retrouver ses esprits. Je-te-dé-teste. Enfin c'est pas juste !! Tu utilises ton super pouvoir et pouf ! Ca résout tout ! Mais je te préviens, j'espère que t'as des arguments solides parce que je vais pas te lâcher ! Je veux TOUT savoir. Non mais... elle retrouva son calme amer sans lui laisser le temps d'en placer une ...quand même, tu aurais pu me prévenir, me dire que tu avais besoin de prendre l'air ou juste, je sais pas moi, dire quelque chose, n'importe quoi... Mets-toi à ma place deux secondes ! Tu crois que je l'ai pris comment ?! Je me suis même inquiétée, j'ai cru que Peeves t'avait assassiné parce qu'il voulait partir à la retraite et que tu prennes le relai dans le genre "Esprit frappeur professionnel", ou qu'une super équipe de Quidditch t'avait recruté et que t'avais pris la grosse tête, ou pire, que t'avais été l'une des victimes de ce frapadingue Russe...!

Entre second degré et désespoir, il y avait du vrai dans sa dernière allusion. Gabriel était un né-moldu et, comme si l'histoire était en phase de se répéter, Lou avait sincèrement craint pour sa vie. Sa disparition brutale et le meurtre d'une née-moldue peu de temps après avaient favorisé un raisonnement paranoïaque dans sa petite tête... Visiblement elle s'était trompée. QUEL PETIT VAURIEN.

- Et puis depuis combien de temps t'es dans le coin ?! Pourquoi tu m'as pas prévenue ?!!

Un bref instant, elle sortit de son propre corps pour observer son comportement. Bouh, elle ressemblait à toutes ces nanas hystériques qui demandaient à leurs proches de leur rendre des comptes pour un oui ou pour un non. Elle arbora une mine dégoûtée en fixant un point dans le vide, puis elle nota la présence d'un banc à quelques mètres de là qui n'attendait qu'eux. Maintenant qu'elle avait mis la main sur lui, il ne pourrait pas se sauver comme un petit filou. Elle agrippa fermement son bras sans trop lui laisser le choix et le forçat à s'asseoir à ses côtés. Elle avait tant de choses à lui demander ! Et c'était si bon de le retrouver... Même en réfrénant sa joie, ses joues roses devaient la trahir.

- D'abord, le lieu ! Où tu étais ? Et pourquoi ?

Elle le mettait au défi, croisant les bras à la manière d'un auror intraitable. Non, elle n'en démordrait pas et ses questions seraient bien précises. Cela n'était pas qu'un interrogatoire en fait... Lou était réellement curieuse de connaître tout ce qu'avait pu vivre son ami, s'il avait été heureux, ou malheureux, comment il avait occupé son temps, le pourquoi du comment, et tout ce qui allait avec... Disparaître sans laisser de trace n'était pas anodin, il y avait forcément quelque chose à en dire.

Pour l'encourager, elle eut une lumineuse idée. Elle le savait gourmand, et avec un peu de chance ce trait de caractère ne l'aurait pas quitté en un an. Elle fouilla dans son sac de courses et y dénicha des cookies encore chauds.

- A chaque réponse satisfaisante tu auras droit à un cookie, déclara-t-elle très sérieuse.

Après tout, il la surnommait bien "maman Lou"...







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Re: Une silhouette du passé   Jeu 28 Déc - 9:59


Une silhouette du passé

avec Lou Perkins

- Arrrrrrrrrgggggghhhhhhh !!!

Ce cri, venant du coeur, fit sursauter Gabriel. Il était décontenancé. Il avait rarement vu la brune réagir de la sorte, si ce n'est même jamais. Il n'aurait pu imaginer qu'un cri aussi indélicat et frustré lui échappe. Malgré tout, cela le fit sourire un peu. Au moins, elle ne lui en voudrait pas ad vitam aeternam, ce qui était quelque part rassurant.

Abandonnant son sourire triste et son air désolé, il arbora un nouvel air plus enjoué. Il se sentait mieux. Ce fut d'autant plus le cas lorsque la Serdaigle commença à parler. Ca ne pouvait qu'aller mieux. Tout allait s'arranger.

- Ouais ouais j'ai géré mes exams mais... Je-te-dé-teste. Enfin c'est pas juste !! Tu utilises ton super pouvoir et pouf ! Ca résout tout !

Gabriel grimaça. De toute évidence, il y aurait peut-être quelques pots cassés. Il aurait voulu intervenir, mais se ravisa. Peut-être devait-il laisser son amie s'exprimer. Ca devait être un mal nécessaire. Lou a toujours été comme ça, elle avait besoin d'extérioriser ses pensées. Cela confirma son idée comme quoi elle n'avait pas changée.

- Mais je te préviens, j'espère que t'as des arguments solides parce que je vais pas te lâcher ! Je veux TOUT savoir. Non mais...

Il hocha de la tête, il répondrait à ses questions. En revanche, il ne savait pas s'il était prêt à lui dire toute la vérité, rien que la vérité. S'il avait fui, c'était à cause de la peur de blesser mais surtout la peur de se souvenir. Alors la peur d'en parler, n'en parlons même pas. Toutes les nuits, il était pris de cauchemars sanglants et terrifiants. Il n'était pas rare qu'il se réveille, plein de suées froides, avec une envie de vomir, les muscles contractées et un sentiment horrible qui le prenait au tripes.

Ces nuits-là, tel un enfant l'aurait fait, il se réfugiait dans une armoire, comme si le noir et l'enfermement de celle-ci le protégeait. C'était une réaction tout à fait absurde, mais savoir qu'il était dans un espace étroit laissait que peu de place à un potentiel intrus. Il était inadapté socialement, même sans parler de ses frayeurs nocturnes. C'est pourquoi il préférait la compagnie des animaux. Mais comment allait-il pouvoir l'expliquer ?

- Quand même, tu aurais pu me prévenir, me dire que tu avais besoin de prendre l'air ou juste, je sais pas moi, dire quelque chose, n'importe quoi... Mets-toi à ma place deux secondes ! Tu crois que je l'ai pris comment ?!

Il grimaça à nouveau. Il se demandait comment il aurait pu envoyer un mot à son départ. Ca lui semblait être aussi insurmontable que de porter une montagne à bout de bras. L'année précédente avait été un enfer. De même que s'il avait envoyé un mot, connaissant la brune, elle ne se serait pas contentée d'un mot. Elle aurait compris qu'il y avait anguille sous roche. Son instinct était bien trop développé.

- Je me suis même inquiétée, j'ai cru que Peeves t'avait assassiné parce qu'il voulait partir à la retraite et que tu prennes le relai dans le genre "Esprit frappeur professionnel", ou qu'une super équipe de Quidditch t'avait recruté et que t'avais pris la grosse tête, ou pire, que t'avais été l'une des victimes de ce frapadingue Russe...!

Elle titillait sa curiosité. Le fait qu'il ait été si éloigné de la société et surtout de Grande-Bretagne l'avait insensibilisé aux actualités anglaises. Le Poufsouffle ne se préoccupait pas de son pays natal lors de son escapade alors il ignorait beaucoup d'informations. Mais l'inquiétude de la voix de Lou lui indiqua que ce devait être une menace importante.

- Frapadingue russe ? demanda-t-il surpris.

Ca lui avait échappé. Il ne savait pas s'il faisait bien de poser la question, surtout que ça semblait être un sujet sensible. Son amie ne sembla pas relever sa question, mais ce n'était pas grave. Dans le pire des cas, il pourrait s'en renseigner seul. Mais elle continua. Comme il l'avait prévu, elle avait un grand nombre de questions à lui poser.

- Et puis depuis combien de temps t'es dans le coin ?! Pourquoi tu m'as pas prévenue ?!!

- En fait je suis revenu il y a moins d'une semaine, commença-t-il. Et euh... il hésita mais se reprit rapidement. En fait j'avais peur. Je ne savais pas quoi te dire si je te prévenais. Est-ce que j'avais le droit de reprendre contact avec toi alors que je suis parti ? Est-ce que je méritais tout simplement ta considération ?

En fin de compte, c'était la vérité qui avait prôné. Il n'aurait pas pu mentir à ce sujet là. De toute façon, Lou aurait compris si cette partie était erronée, elle avait son air scrutateur, celui qui décortique la personne en face d'elle. Gabriel se sentit un peu mal à l'aise de se faire jauger de la sorte. Il passa une main sur l'arrière de son crâne avec un sourire gêné, et un léger rire nerveux franchit ses lèvres.

Ca ne dura pas bien longtemps puisque la brune attrapa son bras libre et le traîna sur un banc non loin de là. Idée judicieuse puisque l'interrogatoire ne semblait que commencer. Gabriel s'affala plus qu'il ne s'assit. Depuis quand n'avait-il pas pris le temps se poser ? Depuis quand n'avait-il pas pris le temps de parler ? Ca lui semblait être une éternité. Il se permit lui aussi de détailler son amie. Il n'y aurait pas qu'elle qui le jugerait ses mimiques.

Elle semblait avoir un air mi-boudeur, mi-amusé. Ses yeux étaient partagés entre une certaine joie et de la vexation. Ces mélanges de sentiments, c'était tout Lou. Son visage exprimait beaucoup plus que ses mots, et ça le Poufsouffle l'avait rapidement remarqué lors de leur première rencontre. Il nota également ses joues roses. Etait-ce à cause de sa précédente tirade ? C'était véritablement curieux. Mais elle ne lui laissa pas plus de temps pour réfléchir qu'elle posait déjà sa première question.

- D'abord, le lieu ! Où tu étais ? Et pourquoi ?

Le brun réfléchit, croisant les bras. S'il lui disait la vérité en omettant quelques informations, elle ne le remarquerait pas n'est-ce pas ? Ou devait-il simplement mentir ? Il haussa le sourcil gauche, curieux lorsque la brune commença à fouiller dans son sac. Elle brandit victorieusement un paquet de cookies. L'odeur chatouilla les narines de Gabriel, et son corps réclama immédiatement les sucreries. Son estomac commença à gargouiller, réclamant ces gâteaux sucrés.

- A chaque réponse satisfaisante tu auras droit à un cookie.

Lou connaissait Gabriel, un peu trop. Il ricana. Finalement la vérité transformée semblait être la solution la plus évidente. Surtout qu'il se rendait compte qu'il avait faim. Maintenant, il devait trouver la meilleure réponse possible. Ca n'allait pas être facile, mais il saurait trouver et se faire convaincant. Il inspira une grande goulée d'air avant de planter ses yeux dans ceux de Lou.

- J'ai voyagé, beaucoup voyagé. J'ai commencé par l'Afrique. Au départ, c'était pour un court séjour. Je m'étais promis de revenir. Puis j'ai découvert la faune locale. Je te jure, elle est tellement surprenante ! commença à s'extasier Gabriel. Des animaux tellement bizarres ! J'ai donc commencé à les étudier. Finalement, la carrière de joueur de Quidditch que je voulais était passée au second plan. Je voulais devenir magizoologiste. Ce que je suis devenu.

Il lorgna le paquet de cookies. Sa réponse ne suffirait pas. Il fallait qu'il continue un peu. Elle saurait vite qu'il n'avait pas seulement été en Afrique. Alors il continua.

- J'ai visité quelques pays en Afrique centrale, je suis allé plus au Sud et après j'ai embarqué pour l'Amérique du Sud. J'ai rencontré des Curupira, j'ai enfin vu leurs cheveux rouges si particuliers qui constituent le coeur de ma baguette. Sans m'en rendre compte, je suis resté un an à parcourir les pays. J'étais au Paraguay avant de revenir. Et surtout, sans m'en rendre compte, j'étais tellement pris dans ce que je faisais que je n'ai pas pris la peine de contacter qui que ce soit. C'est pour ça aussi que je n'ai pas envoyé de message...

Il avait expliqué ce qu'il avait avec une passion non feinte. Il avait réellement apprécié être au contact des animaux et créatures fantastiques. Il avait plus appris en un an de voyage qu'en quatre ans de cours de soins aux créatures magiques. Aux contacts des habitants locaux, il avait appris de nouvelles recettes médicinales pour prendre soin des animaux, avec eux, il avait appris comme appréhender certaines créatures classées dangereuses.

Il arborait un air rêveur. Il retournerait bien au Paraguay pour reprendre ce qu'il avait mis en pause. En même temps, le fait de revoir Lou le comblait bien plus que de raison, et pour rien au monde, il ne l'abandonnerait à nouveau.

- La prochaine fois tu devrais venir avec moi ! Tu verrais c'est tellement amusant ! Tu viendras avec moi hein dis ?

Finalement il avait demandé à la brune de le suivre. Pas dans ses plans de base, mais tout à fait aussi satisfaisant. Le Poufsouffle était de nouveau plein de vie, son air enfantin revenant. Il se sentait de nouveau lui-même. Même si lui proposer d'aller avec lui n'était sans doute pas la meilleure idée du siècle, il saurait s'en débrouiller. Avec tous ces sentiments positifs, il en oubliait même qu'il subissait à l'heure actuelle un interrogatoire.





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Re: Une silhouette du passé   Jeu 28 Déc - 16:25

Une silhouette du passé
ft. Gabriel Truman
Curieusement, Gabriel n'avait pas l'air d'avoir saisi l'allusion à Gustav G machin, ce type inconnu au bataillon qui déboulait de nulle part pour répandre son petit merdier... Ca n'empêcha pas Lou de poursuivre sur sa lancée. Il répondit à sa première interrogation avec une certaine sincérité.

- En fait je suis revenu il y a moins d'une semaine, commença-t-il. Et euh... En fait j'avais peur. Je ne savais pas quoi te dire si je te prévenais. Est-ce que j'avais le droit de reprendre contact avec toi alors que je suis parti ? Est-ce que je méritais tout simplement ta considération ?

Hm ! Ben voyons ! Une fois sur le banc avec son appât en mains, Lou attendait des explications plus poussées. Où avait-il passé son temps ?

- J'ai voyagé, beaucoup voyagé. J'ai commencé par l'Afrique. Au départ, c'était pour un court séjour. Je m'étais promis de revenir. Puis j'ai découvert la faune locale. Je te jure, elle est tellement surprenante ! Des animaux tellement bizarres ! J'ai donc commencé à les étudier. Finalement, la carrière de joueur de Quidditch que je voulais était passée au second plan. Je voulais devenir magizoologiste. Ce que je suis devenu.

Wah ! Son récit faisait vraiment envie ! Lou aussi aurait voulu prendre son sac et tout plaquer mais elle avait cette conscience des réalités qui l'empêchait d'agir sur un coup de tête, ayant trop peur de compromettre son avenir. Peut-être que si quelqu'un l'avait poussée... hein ! Et donc, il s'était rabattu sur les animaux ? Cela ne l'étonnait pas, à vrai dire. Gabriel était l'un des meilleurs en soins aux créatures magiques à Poudlard, et il avait toujours eu une empathie honorable pour les bêtes, comme s'il savait leur parler par un simple regard ou un geste tout à fait anodin. Réciproquement, les créatures devaient sentir une certaine pureté chez lui. Pour ponctuer son récit, elle hochait la tête sans masquer son contentement et une pointe d'admiration. Apparemment, cette expérience lui avait permis de trouver sa voie, de se trouver un peu lui-même, peut-être. Elle le surprit ensuite à zyeuter sur son paquet de cookies et pouffa. Il était terrible...

- J'ai visité quelques pays en Afrique centrale, je suis allé plus au Sud et après j'ai embarqué pour l'Amérique du Sud. J'ai rencontré des Curupira, j'ai enfin vu leurs cheveux rouges si particuliers qui constituent le coeur de ma baguette. Sans m'en rendre compte, je suis resté un an à parcourir les pays. J'étais au Paraguay avant de revenir. Et surtout, sans m'en rendre compte, j'étais tellement pris dans ce que je faisais que je n'ai pas pris la peine de contacter qui que ce soit. C'est pour ça aussi que je n'ai pas envoyé de message...

Et en plus il la narguait ! Il l'avait tellement bassinée avec les Curupira... Elle était heureuse qu'il ait enfin eu l'occasion de croiser leur route ! Tout ça était vraiment fascinant, et sa joie était tellement communicative qu'elle ne pouvait plus masquer son sourire. Seulement, quelque chose ne tournait pas rond dans son histoire... Il était tellement pris que ça ne lui était même pas venu à l'esprit d'envoyer un mot pour dire qu'il partait en voyage découvrir le monde et se ressourcer un peu ? Vraiment ? Tout de même, c'était pas net... Lou chassa cette pensée pour la faire mûrir dans son coin, préférant savourer ces retrouvailles. L'important finalement, c'était qu'il se tenait devant lui pour lui faire le debriefing de ses aventures.

- La prochaine fois tu devrais venir avec moi ! Tu verrais c'est tellement amusant ! Tu viendras avec moi hein dis ?

Ca y'est, elle avait ri, et de bon coeur ! Il n'y avait que lui qui savait faire ça. Disparaître, et reparaître comme s'ils s'étaient vus la veille, la relancer avec une spontanéité candide et désarmante.

Elle inspira profondément, faussement blasée, et lui tendit tout le paquet. Elle rendait déjà les armes... A quoi bon lutter ?

- Encore faut-il que tu me préviennes, patate ! répondit-elle en faisant les gros yeux de ses pupilles rieuses.

Elle soupira en réalisant que son débriefing à elle promettait d'être nettement moins captivant.

- Ben moi... commença-t-elle. J'ai pas mal réussi mes ASPIC ! Bon. Je n'ai pas repris étude des moldus mais ma note aux BUSE avait déjà de quoi rendre fier le né-moldu sur tu es ! Effort exceptionnel s'il te plait ! Du coup aux ASPIC j'ai choisi des matières pour tenter de rentrer à Sainte-Mangouste et j'ai réussi... Tu sais que j'aimais bien les potions même si c'était la matière qui me donnait le plus de fil à retordre, et comme je suis un peu maso et obstinée, je me suis spécialisée dans les empoisonnements. C'est récent tout ça, hein, donc j'ai encore beaucoup de choses à apprendre avant de me présenter comme une grande médicomage mais pour l'instant ça se passe plutôt bien. Mon supérieur est patient, un peu froid mais très pro... Je l'aime bien, il est pas mal dans son genre.

Elle se mit à réfléchir... Que pouvait-elle lui dire de plus ?

- Ah ! J'ai emménagé pas très loin ! A deux rues d'ici en fait. Je veux pas t'appâter mais j'ai toujours plein de cookies à la maison, donc si jamais tu as faim... Ma porte est ouverte. Et sinon... Poudlard, embraya-t-elle plus indécise. Je ne revois pas tellement les anciens élèves, faut dire que l'hôpital m'a pris beaucoup de temps... Si tu savais les cas qu'on a parfois ! Je me demande ce que les gens fabriquent. Ils ont de ces idées je te jure ! A croire qu'ils testent la sève des plantes les plus dangereuses dans leurs plats juste pour voir de quelle couleur seront leurs pustules... J'avoue que je perds un peu foi en l'humanité. Mais, et toi ? Y'a personne que t'as eu envie de revoir depuis... une semaine ? T'as des projets ? T'es installé où ? Tu vas bosser comme magizoologiste à ton compte ici ou tu comptes repartir ?

Elle le mitraillait de questions mais c'était plus fort qu'elle...







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Re: Une silhouette du passé   Jeu 28 Déc - 17:20


Une silhouette du passé

avec Lou Perkins

Lorsque son amie rit, Gabriel se détendit enfin, la rejoignant dans son rire. Peut-être était-ce présomptueux de sa part, mais il pensait enfin être à la maison. C'était un véritable soulagement. Il lui offrit un sourire brillant, et ce dernier ne fit que s'agrandir lorsqu'elle lui tendit le paquet de cookies. Il sautillait sur le banc, plus que satisfait. Il plongea sa main dans le sac tiède et en tira un gâteau.

Il bavait presque. Depuis combien de temps n'en avait-il pas mangé ? Il n'avait pas pris le temps une seule fois d'en chercher, trop passionné par ce qu'il faisait. Sans attendre un instant de plus, il croqua dans le biscuit chocolaté. Il fit un sourire heureux, un sourire avec beaucoup de chaleur, qu'il adressa à Lou. C'était elle après tout qui avait amené les gâteaux. Elle méritait donc un remerciement.

- Encore faut-il que tu me préviennes, patate !

- Mais voui t'inquiète pas che te préviendrais ! s'exclama-t-il la bouche pleine, des miettes s'éparpillant de partout sur ses genoux.

Malgré tout, la brune finit par soupirer un peu. Il était intrigué. Depuis quand Lou soupirait-elle de la sorte ? C'était tout à fait curieux. Elle avait du se créer de mauvaises habitudes depuis qu'il était parti. Il devrait indubitablement remédier à cela. Il enfourna un cookie de plus dans la bouche lorsque Lou prit à nouveau la parole.

- Ben moi... J'ai pas mal réussi mes ASPIC !

Gabriel applaudit. Il félicita avec un sourire approbateur. Il n'avait jamais douté de sa réussite, elle avait toujours été brillante et l'avait souvent surpassé. Il se souvenait même d'une fois où elle l'avait aidé pour un devoir de sortilèges. Elle était vraiment impressionnante, alors le contraire l'aurait étonné. Elle continua ses explications.

- Bon. Je n'ai pas repris étude des moldus mais ma note aux BUSE avait déjà de quoi rendre fier le né-moldu sur tu es ! Effort exceptionnel s'il te plait !

- Je m'en souviens, j'étais encore là ! s'exclama-t-il en avalant goulument un gâteau.

- Du coup aux ASPIC j'ai choisi des matières pour tenter de rentrer à Sainte-Mangouste et j'ai réussi... Tu sais que j'aimais bien les potions même si c'était la matière qui me donnait le plus de fil à retordre, et comme je suis un peu maso et obstinée, je me suis spécialisée dans les empoisonnements.

Son choix de travailler à Sainte-Mangouste surprenait le Poufsouffle. Il n'avait pas pensé qu'elle voudrait travailler dans un hôpital. Il l'aurait vu plus aventurière, plus engagée dans la découverte active du monde. C'était une décision inattendue, mais en même temps, ça lui correspondait bien. Comme elle l'avait si bien dit, elle était obstinée et lorsqu'elle voulait quelque chose, elle faisait tout pour l'obtenir. Il ne se souvenait que trop bien d'un ancien défi à Pré-au-Lard... Tout ça pour qu'elle gagne une faveur de son ami.

- C'est récent tout ça, hein, donc j'ai encore beaucoup de choses à apprendre avant de me présenter comme une grande médicomage mais pour l'instant ça se passe plutôt bien. Mon supérieur est patient, un peu froid mais très pro... Je l'aime bien, il est pas mal dans son genre.

- Je pense que tu peux déjà te présenter comme telle ! Tu te débrouillais déjà bien aux sortilèges de soins avant mon départ. Tu n'as pu que t'améliorer ! enchérit Gabriel. Mais du coup, pourquoi t'as choisi de faire carrière à Sainte-Mangouste ? Je m'y attendais pas.

Mais elle ne répondit pas à sa question, elle semblait plongée dans ses réflexions. Il ne s'en vexa pas. Il lui reposerait la question plus tard. Pourtant il savait pertinemment qu'elle avait entendu sa question. Peut-être avait-elle autre chose à lui dire d'autant plus important que le reste ? Il prit son mal en patience. Il savait qu'il aurait droit à sa réponse. Il ne s'inquiétait pas.

- Ah ! J'ai emménagé pas très loin ! A deux rues d'ici en fait. Je veux pas t'appâter mais j'ai toujours plein de cookies à la maison, donc si jamais tu as faim... Ma porte est ouverte.

En définitive, cette information était bien plus important que celle qui concernait son choix. Des cookies à volonté ! Voilà une bonne raison de rester à Pré-au-Lard plus souvent que de rentrer chez lui. Pendant un instant, il se demandait comment se portait sa mère. Hernesta devait être rentrée de l'école à cette heure-ci... Il se concentra à nouveau sur Lou.

- Ouh ! C'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, sois en certaine !

- Et sinon... Poudlard, je ne revois pas tellement les anciens élèves, faut dire que l'hôpital m'a pris beaucoup de temps...

Elle n'avait pas disparu de la circulation sorcière, mais elle aussi n'avait pas gardé contact avec les autres. Il ricana. Si ça se trouve, il aurait été logé à la même enseigne que les anciens élèves dont elle avait fait mention s'il était resté ! Il en douta, mais ç'aurait été amusant si la situation avait été inversée. Bon, Lou, au contraire de Gabriel, était facilement trouvable et joignable. Finalement, ce n'était sans doute pas très pertinent de comparer les deux. Surtout que l'une des situations était faite de "si".

- Si tu savais les cas qu'on a parfois ! Je me demande ce que les gens fabriquent. Ils ont de ces idées je te jure ! A croire qu'ils testent la sève des plantes les plus dangereuses dans leurs plats juste pour voir de quelle couleur sera leurs pustules... J'avoue que je perds un peu foi en l'humanité.

- Voyons Lou ! Depuis quand fais-tu preuve d'autant de négativité ? Prends ça plutôt comme des souvenirs amusants ! Et au moins, tu connais les effets de tel ou tel poison. Ca a du positif. Tu pourrais faire le meurtre parfait puisque tu peux appréhender les poisons ! Attends... tu vas pas me tuer pour avoir disparu hein ?

Il affichait un soudain air inquiet, exagéré au possible. Il porta sa main à la bouche, arborant un air outragé, mais sans tenir sa mimique longtemps. Il se mit à rire de bon coeur. Cette façon de dramatiser les choses, il ne le faisait qu'avec Lou. C'était leur petit jeu, sur-jouer certaines émotions, prendre certains faits avec beaucoup de légèreté. Tout le monde ne pouvait pas se vanter d'agir de manière aussi frivole, surtout pas avec Lou Perkins !

- Mais, et toi ? Y'a personne que t'as eu envie de revoir depuis... une semaine ? T'as des projets ? T'es installé où ? Tu vas bosser comme magizoologiste à ton compte ici ou tu comptes repartir ?

Et voilà une avalanche de questions. Il ne savait pas par laquelle commencer. Surtout qu'il n'avait pas la réponse à toutes ses questions. Il allait sans doute devoir broder à mesure qu'il parlait, et cette idée ne l'enchantait pas. Mais s'il la jouait assez fine, peut-être qu'il n'aurait même pas à broder. Au final, c'était toujours cette vérité approximative qui pourrait revenir et jouer en sa faveur.

- Hum, à part toi, je pense que j'aimerais bien revoir Davin. Lui aussi, j'suis parti sans lui dire un mot. Mais pas certain qu'il prenne mon retour aussi bien que toi...

Il grimaça. Davin, c'était son meilleur ami. Tous deux nés moldus à Poufsouffle, ils avaient été inséparables pendant longtemps. Après, il y a eu Lou. Et Davin l'avait rapidement acceptée - bien qu'il fut moins proche d'elle que Gabriel l'était. Ils avaient été complices lors de nombreux événements, et ils avaient même passé des vacances ensembles. Davin était le frère que Gabriel n'avait jamais eu. Alors être parti comme il l'avait fait, ça avait sans doute du être pire qu'une trahison pour lui.

- Au niveau projet, j'en ai pas tellement. Tu sais comment je suis hein ? Je vis au jour le jour et chaque jour est une nouvelle aventure ! continua-t-il joyeusement. Je me suis installé là-bas, dit-il en pointant un bâtiment du doigt. Du coup, j'espère que tes réserves de cookies sont assez importantes pour le goinfre que je suis !

Venait ensuite la question plus délicate : allait-il rester ou repartir ? Il aurait pu éluder la question, mais Lou l'aurait remarqué. C'était pas forcément une question difficile, mais du coup, ça le poussait à penser à sa mère, et au danger qu'il était à présent. Le conflit interne qu'il avait enterré quelques minutes semblait se raviver. Il inspira, sans rien laisser paraître.

- J'ai prévu de bosser à mon compte ici. J'aimerais effectuer quelques recherches sur quelques créatures ! finit-il par dire.

Au final, les recherches dont il avait fait mention, c'était lui-même. Il voulait chercher un moyen d'inverser son problème, il voulait pouvoir aider ses semblables aussi. Il savait qu'il y avait quelques chercheurs sur les lycanthropes en Angleterre. Aussi, il comptait bien les contacter. Peut-être pourrait-il leur apporter quelques nouvelles informations grâce à ses voyages et aux rencontres qu'il avait fait.

- Tiens, tu veux le dernier cookie qu'il reste ?

Il tendit le paquet innocemment. Si Lou voulait des gâteaux, ben... elle n'aurait pas grand chose. Ce changement brutal de sujet lui permit d'enterrer ses nouvelles inquiétudes. Tout était bon pour oublier et ne pas y penser.

- Et du coup je repose ma question, pourquoi Sainte-Mangouste ? Tu voulais pas aller aider ton grand-père pendant un moment ? D'ailleurs comment il va ?

Il n'avait jamais vu le grand-père de son amie, mais à chaque fois il demandait de ses nouvelles. C'était une sorte de rituel entre eux deux. Il adorait écouter les quelques aventures de grand-père Perkins, surtout celles qui impliquaient Arthur Weasley. Elles étaient hilarantes !





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Re: Une silhouette du passé   Ven 29 Déc - 13:58

Une silhouette du passé
ft. Gabriel Truman
Tout en se goinfrant, Gabriel la flattait concernant son nouveau boulot de médicomage, mais il émettait une certaine surprise qu'inconsciemment elle ne releva pas tant elle tenait à rattraper le temps perdu. Lorsqu'elle lui demanda s'il souhaitait garder contact avec d'anciens élèves, celui-ci évoqua naturellement Davin.

- [...] Lui aussi, j'suis parti sans lui dire un mot. Mais pas certain qu'il prenne mon retour aussi bien que toi...

Comme si elle l'avait bien pris, tiens ! Il l'avait juste bien entourloupée, comme d'habitude... Il parviendrait sans nul doute à escroquer Davin de la même manière. Après tout, ces deux-là étaient comme des frères, et en famille on se pardonne tout, non ?

- Au niveau projet, j'en ai pas tellement, reprit-il. Tu sais comment je suis hein ? Je vis au jour le jour et chaque jour est une nouvelle aventure !

C'était une facette qu'elle admirait beaucoup chez son ami puisqu'elle avait du mal à laisser la vie la surprendre. Elle avait plutôt tendance à l'anticiper pour éviter les mauvaises surprises, mais d'un autre côté ça l'empêchait parfois de savourer l'instant présent, d'autant plus depuis l'absence de cet hurluberlu qui avait l'habitude de renverser un peu la tendance.

- Je me suis installé là-bas, dit-il en pointant un bâtiment du doigt. Du coup, j'espère que tes réserves de cookies sont assez importantes pour le goinfre que je suis !

Lou fit des yeux ronds comme des billes, toute excitée.

- Oh !! Mais tu veux dire qu'on est voisins ?!

Ca c'était une excellente nouvelle !

- J'ai prévu de bosser à mon compte ici. J'aimerais effectuer quelques recherches sur quelques créatures !

Deuxième bonne nouvelle ! Gabriel resterait et elle le convaincrait de la justesse de cette décision.

- Oh ben oui, y'a de quoi faire ! Et c'est important de se poser, aussi... Je veux dire, tout ton périple, là, ça fait vraiment envie, j'aurais adoré hein ! Mais à force de bouger partout sans poser sa tente, un jour on finit par se réveiller et on sait plus qui on est, alors... J'imagine que ça t'a fait du bien de retrouver ta famille aussi.

Elle haussa les épaules. Avait-elle de meilleurs arguments à fournir ? Elle n'allait tout de même pas s'avancer et dire : "Moi je suis là ! Reste !". Et puis, n'étant pas au courant des tristes événements dans la vie de son ami, elle n'eut pas une seule seconde la sensation de faire une bourde.

- Et du coup je repose ma question, pourquoi Sainte-Mangouste ? Tu voulais pas aller aider ton grand-père pendant un moment ? D'ailleurs comment il va ?

Ah oui ! C'est vrai qu'il avait eu l'air un peu étonné de son choix professionnel quelques minutes plus tôt...

- Eh bien, commença-t-elle songeuse, je t'avoue que j'aurais bien voulu bosser à la Gazette en tant que reporter... J'aime bien écrire, dénoncer, défendre, et ça m'aurait permis de voyager en même temps mais... Cette branche c'est que du piston.

Lou n'était pas la plus optimiste du monde et si par un insensé hasard Gabriel ne le savait pas déjà, cela apparaissait comme une évidence en cet instant.

- Tu me diras, j'aurais justement pu brancher mon grand-père qui bosse au ministère mais tu le connais, enfin, je t'en ai beaucoup parlé. C'est quelqu'un de de très réservé et très renfermé sur son travail quand il y est... Au mieux il connait superficiellement quelqu'un qui connait Rita Skeeter, et c'est tout. Tu me connais, me vendre auprès d'une journaliste people ça me bottait moyen, donc bon... J'ai préféré rester réaliste. Du coup j'ai choisi la carrière de médicomage parce que c'est un domaine qui me plait, et si je peux aider les gens en les soignant je pense que ça fait de moi quelqu'un d'un peu utile, non ? Bon. Entre nous je préfèrerais bosser à mon compte, hein ! Recevoir dans un joli bureau, ou me déplacer à domicile, ou qui sait, carrément dans d'autres pays plus défavorisés pour apporter mon petit savoir ! Ca arrivera peut-être un jour, mais en attendant je me disais qu'il fallait bien commencer quelque part, et je crois que Sainte-Mangouste est pas mal pour se faire la main. On y voit de tout !

Elle pouffa malicieusement.

- Et sinon, mon grand-père m'avait proposé de l'assister au département des détournements de l'artisanat moldu oui, t'as pas perdu la mémoire ! Mais en fait j'avais envie de faire quelque chose par moi-même... Et puis c'est pas comme si j'allais pas le voir de temps en temps. Au fond je suis un peu une stagiaire à temps partiel avec tout ce qu'il me raconte sur son boulot ! Enfin, je sais que si ça me branche je pourrai toujours y revenir. Je me laisse cette possibilité en option mais je voulais aborder d'autres choses, tu vois ? Mais je ne me ferme pas. Peut-être qu'un jour j'arriverai même à m'infiltrer la Gazette ou un autre journal pour devenir reporter, hein ! acheva-t-elle dans un élan plus enjoué.

Lou planifiait sa vie, et en même temps rien n'était scellé... Quel paradoxe ! Qu'attendait-elle ? Soudain, une mouche la piqua.

- Hé ! dit-elle en se redressant d'un coup. Tu joues toujours ?

Ses yeux papillonnaient. Elle avait un peu délaissé son balai depuis que l'hôpital l'accaparait, et elle se demandait si Truman avait perdu la main de son côté.

- Au Quidditch ! se reprit-elle. Le super capitaine fait-il toujours honneur à son titre ?

L'ancien Jaune et Noir pouvait certainement percevoir la lueur défiante dans ses yeux mutins !







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Re: Une silhouette du passé   Ven 29 Déc - 16:20


Une silhouette du passé

avec Lou Perkins

- Oh !! Mais tu veux dire qu'on est voisins ?!

- Eh ouais ! approuva-t-il avec une certaine nonchalance.

Cette nouvelle semblait avoir réjoui Lou, voilà quelque chose de plus positif. Et sa mine fut encore plus réjouie par le fait qu'il reste. En voilà au moins une qui était heureuse qu'il soit ici. Finalement, Lou allait vite devenir un repère dans cette nouvelle vie, et ce malgré elle.

- Oh ben oui, y'a de quoi faire ! Et c'est important de se poser, aussi... Je veux dire, tout ton périple, là, ça fait vraiment envie, j'aurais adoré hein !

Voilà qui le motivait encore plus à la convaincre de voyager. Elle se doutait qu'elle ratait quelque chose, ça tenait qu'à lui de réussir à la convaincre et à avoir les mots justes pour la faire rêver et la tenter. Oui voilà, il la tenterait comme le diable le ferait. Il était machiavélique !

- Mais à force de bouger partout sans poser sa tente, un jour on finit par se réveiller et on sait plus qui on est, alors... J'imagine que ça t'a fait du bien de retrouver ta famille aussi.

Pendant quelques secondes, Gabriel ne put tenir le masque qu'il affichait. Son regard se perdit dans le néant. Il ne savait plus qui il était depuis plus d'un an, et il n'était pas certain que le fait de revenir allait l'aider, bien au contraire. Et retrouver sa famille... Ils étaient tous blessés et meurtris par la disparition de leurs proches. Surtout le Poufsouffle. En réalité, il se reprochait la mort de sa soeur et de son père. Il aurait pu faire quelque chose, il en était capable.

Il revoyait la scène lors de la soirée camping, le noir de la nuit, la lumière vive du feu, la couleur pourpre du sang qui se répandait partout, les cris, la terreur, la panique, l'angoisse, la culpabilité... Il ferma les yeux douloureusement. L'heure n'était pas à se morfondre, surtout il ne voulait pas susciter de questions de Lou. Il ne serait pas capable d'en parler. Il secoua la tête pour écouter la brune à la. place. Cet intermède de souvenirs ne dura pas aussi longtemps qu'il en eut l'impression, quelques secondes tout au plus.

Avec un peu (beaucoup) de chance, la brune n'aura rien remarqué et il pourrait faire comme si de rien n'était. Déjà, il remettait le masque joyeux du Gabriel qui croquait la vie à pleines dents. La Serdaigle finit par répondre à sa question précédente, apportant beaucoup de détails intéressants.

- Eh bien, je t'avoue que j'aurais bien voulu bosser à la Gazette en tant que reporter... J'aime bien écrire, dénoncer, défendre, et ça m'aurait permis de voyager en même temps mais... Cette branche c'est que du piston.

Il eut un sourire en coin. Il reconnaissait bien Lou, son côté équité pour tous était un de leur nombreux points communs. Alors le fait qu'elle veuille s'engager dans cette voie ne le surprit pas. Malheureusement, comme le fit remarquer, c'était que du piston, du "je suis ici grâce à machin" ou "c'est truc-muche qui m'a fait rentrer". C'était un milieu assez peu ouvert malheureusement.

- Tu me diras, j'aurais justement pu brancher mon grand-père qui bosse au ministère mais tu le connais, enfin, je t'en ai beaucoup parlé. C'est quelqu'un de de très réservé et très renfermé sur son travail quand il y est... Au mieux il connait superficiellement quelqu'un qui connait Rita Skeeter, et c'est tout. Tu me connais, me vendre auprès d'une journaliste people ça me bottait moyen, donc bon...

- De toute façon, la Gazette n'aurait pas été le journal qui t'aurait correspondu le mieux. Je t'aurais plutôt vue au Daily Prophet, plus sérieux avec des reportages intéressants. Quelque part c'était peut-être pas un mal que tu ne puisses pas suivre cette voie ?

Et puis de toute façon, personne n'aimait Rita Skeeter. Elle était vile, menteuse et trouillarde. Tout le contraire de Lou, alors elle travailler sous les ordres d'une journaliste ayant déjà fait son temps, c'était du délire. Son choix de médicomage semblait beaucoup plus judicieux et réfléchi.

- J'ai préféré rester réaliste. Du coup j'ai choisi la carrière de médicomage parce que c'est un domaine qui me plait, et si je peux aider les gens en les soignant je pense que ça fait de moi quelqu'un d'un peu utile, non ?

- Un peu utile ? coupa Gabriel. Lou, te connaissant, tu es sans doute plus efficace que les titulaires de ton service. Cesse donc de te rabaisser.

- Bon. Entre nous je préfèrerais bosser à mon compte, hein ! Recevoir dans un joli bureau, ou me déplacer à domicile, ou qui sait, carrément dans d'autres pays plus défavorisés pour apporter mon petit savoir !

Gabriel affichait à présent un immense sourire. Son plan de la convaincre de voyager... Voilà qu'elle lui laissait une ouverte aussi énorme qu'une baie vitrée. Il allait en profiter, il allait définitivement tirer profit de cette envie de voyager pour l'entraîner dans de folles aventures ! Il échafaudait déjà quelques plans et arguments dans son esprit qui sauraient lui donner envie.

- Ca arrivera peut-être un jour, mais en attendant je me disais qu'il fallait bien commencer quelque part, et je crois que Sainte-Mangouste est pas mal pour se faire la main. On y voit de tout !

- Je peux te certifier que ce jour arrivera, dit-il sans préciser son idée.

Sa simple affirmation aurait pu concerner le bureau, le fait qu'elle aille soigner à domicile ou le voyage. Il ne précisa juste pas son idée. Il allait juste la laisser se faire ses propres idées et tirer ses conclusions. C'était beaucoup plus amusant ainsi. Gabriel savait que Lou allait se poser un tas de questions et lui demander des éclaircissements quant à sa dernière phrase, mais il resterait muet comme une tombe.

- Et sinon, mon grand-père m'avait proposé de l'assister au département des détournements de l'artisanat moldu oui, t'as pas perdu la mémoire ! Mais en fait j'avais envie de faire quelque chose par moi-même... Et puis c'est pas comme si j'allais pas le voir de temps en temps. Au fond je suis un peu une stagiaire à temps partiel avec tout ce qu'il me raconte sur son boulot !

- Le contraire m'aurait étonné ! Toi et ta curiosité sans bornes, tu ne peux pas te limiter à un seul travail !

Il lui tira la langue, tel un enfant l'aurait fait. Il se moquait un peu d'elle et sa tendance à vouloir aider plus que de raison. Souvent, c'était plus par curiosité que par réelle envie de rendre service, c'est ce qui rendait la Serdaigle aussi amusante. Ses motivations étaient rarement faite de pure bonté de coeur. Pas que ça lui arrive jamais, mais quand ils étaient encore à l'école, le Poufsouffle se souvenait que c'était assez inhabituel. Ou alors il était mauvaise langue. Peut-être un peu des deux.

- Enfin, je sais que si ça me branche je pourrai toujours y revenir. Je me laisse cette possibilité en option mais je voulais aborder d'autres choses, tu vois ? Mais je ne me ferme pas. Peut-être qu'un jour j'arriverai même à m'infiltrer la Gazette ou un autre journal pour devenir reporter, hein !

Il sourit. Ainsi donc elle ne laissait pas de côté la Gazette. Elle avait raison après tout. Chaque opportunité peut être la bonne pour parvenir à ses fins. Parfois, son ambition était comparable à celle des Serpentard. Le choixpeau s'était peut-être trompé concernant Lou, non ? Cette idée le fit ricaner. Il ne voyait clairement pas Lou Perkins au milieu des Serpentard. Elle avait quelque chose de différents de ceux-ci. Finalement, le choixpeau ne s'était pas trompé.

- Hé ! Tu joues toujours ?

Le brun sursauta. Son amie s'était redressée avec tant de vivacité que c'était inattendu. Il afficha un air confus, où voulait-elle en venir ? Jouer à quoi ?

- Au Quidditch ! Le super capitaine fait-il toujours honneur à son titre ?

Ah... Il aurait aimé dire que oui, mais ce n'était pas le cas. Après sa transformation, sa force était devenue plus importante, et en approche de la pleine lune, il devenait dangereux. Il avait arrêté du jour au lendemain et ne s'était pas réessayé à l'exercice, par peur de blesser. Il avait même refusé l'invitation des Canons de Chudley...

- J'ai bien peur que le super capitaine ait rendu son balai. J'ai pas eu l'occasion de m'entraîner ou de jouer depuis un moment. Mais et toi ? Tu joues toujours même si tu es très prise ? Et d'ailleurs, qui c'est qui a gagné la coupe des maisons ? Serdaigle j'espère ! Je n'étais pas là pour faire concurrence, alors si tu me dis que vous avez perdu, je serais très déçu !

Il avait une moue renfrognée, comme celle que l'on arbore lorsque l'on gronde un enfant. Ca ne prenait pas. Même (surtout) pour lui. Il ne pu tenir cette expression bien longtemps, trop curieux par les résultats.

- Et du coup, y avait des recrues intéressantes dans les équipes adverses ? Les Poufsouffle s'en sont sortis comment ? Pas trop mal hein ?





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Re: Une silhouette du passé   Mar 2 Jan - 20:29

Une silhouette du passé
ft. Gabriel Truman
Gabriel n'avait sans doute pas tort. La Gazette n'était pas ce qui correspondait le mieux à Lou : un papier trop conformiste, trop proche du gouvernement. Bien qu'elle ne désapprouvait pas Shacklebolt, la simple idée d'être contrainte par une ligne éditoriale mise à l'épreuve par le pouvoir en place lui déplaisait profondément.

- ...Quelque part c'était peut-être pas un mal que tu ne puisses pas suivre cette voie ?

Sacré Gab. Touché ! Rien n'arrivait sans rien après tout. En plus de ça il la confortait dans ses choix, affirmant qu'elle était "sans doute plus efficace que les titulaires" à Sainte-Mangouste. Que demander de plus ? Quand elle lui fit part de son désir de visiter d'autres contrées dans le cadre de son travail, qu'il s'agisse de médecine ou de journalisme, Lou nota un air particulièrement espiègle dans les yeux de son ami.

- Je peux te certifier que ce jour arrivera, dit-il de son minois à la fois énigmatique et farceur.

Hm hm. Rien de très étonnant le connaissant. Ce qui pouvait traverser l'esprit de ce drôle d'oiseau lui échappait par moment, alors dans ce cas elle haussait les épaules en faisant mine d'avoir compris et continuait de causer. Ce qu'elle fit précisément. Elle lui parla de son grand-père et de son assiduité au ministère pour l'assister à ses heures perdues, par simple curiosité. Après tout papy Perkins passait son temps à lui raconter des histoires saugrenues, alors il lui paraissait tout naturel de voir par elle-même ce qu'il en était et il fallait bien avouer que la plupart du temps, c'était passablement ennuyeux...

- Le contraire m'aurait étonné ! Toi et ta curiosité sans bornes, tu ne peux pas te limiter à un seul travail ! avait rétorqué le joli brun avant de lui tirer la langue comme il aimait le faire pour se moquer gentiment d'elle.

Hé, mais qu'est-ce que ça voulait dire ça encore ?! Une fois n'est pas coutume, elle leva les yeux au ciel en réprimant son sourire en coin, poursuivit sans trop y prêter attention, et finit par se réveiller pour causer Quidditch. Même si elle avait relégué cette activité au second plan cette dernière année, il y avait toujours cette lueur enfantine dans ses yeux lorsqu'elle en parlait, et elle s'attendait à voir le même éclat dans ceux de Gab. A la place, elle y observa du dépit...

- J'ai bien peur que le super capitaine ait rendu son balai. J'ai pas eu l'occasion de m'entraîner ou de jouer depuis un moment. Mais et toi ? Tu joues toujours même si tu es très prise ? Et d'ailleurs, qui c'est qui a gagné la coupe des maisons ? Serdaigle j'espère ! Je n'étais pas là pour faire concurrence, alors si tu me dis que vous avez perdu, je serais très déçu !

Malgré la fabuleuse capacité qu'avait l'ex-Poufsouffle à détourner l'attention en surjouant ses mimiques de clown, Lou restait figée, comme bloquée après son aveu qu'il avait tenté de faire passer pour une dragée de Bertie Crochu au parfum savoureux. Ses yeux chocolats papillonnaient avec frénésie vers ceux de son ami, et sa bouche grande ouverte menaçait sa mâchoire de se décrocher jusqu'à se rétamer lamentablement sur le sol.

- Attends attends attends... dit-elle en secouant rapidement la tête par trois fois ...QUOI ?!

- Et du coup, y avait des recrues intéressantes dans les équipes adverses ? Les Poufsouffle s'en sont sortis comment ? Pas trop mal hein ?

Et en plus il faisait mine de ne pas l'entendre ? Non, ça n'allait pas se passer comme ça. CERTAINEMENT PAS ! La jeune fille haussa les sourcils, plissa ses lèvres, et agita son index dans le vide dans un geste de négation, regardant le sol tout à fait dépitée.

- Truman Truman Truman... continua-t-elle bien décidée à répéter trois fois ses mots pour qu'ils aient plus de panache, très calmement et faussement déçue, comme une maman le serait en apprenant que son fils abandonne tout ce qui lui tient à coeur. C'est pas bon ça. Tu le sais que c'est pas bon, hein ? Alors voilà ce qu'on va faire, renchérit-elle en lui tapant sèchement la cuisse dans l'espoir de lui décrocher un "Aïe !". Toi et moi on va s'y remettre !

Et puisque l'heure était aux aveux...

- J'ai un peu lâché mon balai moi aussi. Un scandale hein ! Mais c'est pas tout. Elle avait presque honte à présent. C'est Serpentard qui a gagné la coupe, admit-elle en fuyant son regard. On peut pas dire que j'ai été très présente pour mon équipe, mais en même temps j'étais un peu préoccupée. ...par son absence en plus, le bougre !! Mais hors de questions de le lui dire. Ca serait lui faire trop d'honneur !

Elle se ressaisit bien vite pour flatter son égo. Il était bien plus charmant quand il bombait le torse à la manière d'un petit garçon qui avait réussi à finir son gros gâteau en une seule fois, alors dorer le blason des blaireaux n'était clairement pas malvenu.

- Les Poufsouffles s'en sont pas si mal sortis sinon ! Deuxième. Mais calme-toi, c'est uniquement parce que j'ai pas assisté à un match sinon je vous aurais botté les fesses, c'est évident !

La vérité, c'était que Lou s'était réellement désintéressée du Quidditch durant sa dernière année. Elle avait privilégié les matières plus académiques pour exceller à ses examens, quitte à laisser en plan son équipe, mais ça elle ne l'avouerait pas à Gabriel. Elle savait que ce serait un critère suffisant pour le décevoir dans les grandes largeurs. Même elle s'en voulait terriblement... Mais cette année avait été compliquée à bien des égards, et le manque de Quidditch l'avait véritablement frustrée. Au château, c'était devenu plus compétitif qu'amusant, en fait, et elle n'avait plus eu le coeur à la compétition. Lou avait, pour ainsi dire, passé sa dernière année à maugréer en silence.

- Je te rassure tout de suite on n'est pas arrivés derniers hein. L'équipe des Gryffondor a été catastrophique... Fallait vraiment le vouloir pour arriver derrière eux, constata-t-elle à la fois moqueuse et consternée. Mais, dis, si tu me refuses un match amical dans la semaine tu vas me briser le coeur.

L'instant était propice pour lui faire son air de cocker. A l'époque il n'y résistait pas bien longtemps... D'ailleurs, c'était lui qui lui avait filé le tuyau !







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Re: Une silhouette du passé   Sam 6 Jan - 23:38


Une silhouette du passé

avec Lou Perkins

- Attends attends attends... QUOI ?!

Ouch, la révélation de son arrêt brutal au Quidditch semblait être particulièrement dur à digérer pour Lou. Gabriel comprenait parfaitement. Arrêter le Quidditch l'avait quelque peu retranché dans ses problèmes alors qu'il aurait lui-même adoré voler sur un balai et taper dans quelques cognards. La sensation libératrice d'être sur un balai c'était une manière de fuir la réalité. Mais tout était devenu compliqué et la réalité... C'était son quotidien à présent.

Il ignora plus ou moins les objections de la brune et continua avec ses questions. Il ne voulait pas s'attarder sur ces détails. Le Poufsouffle ne voulait clairement pas parler de ce qu'il considérait comme un échec personnel. Mais le visage de son amie lui disait bien qu'elle n'en resterait pas là. Non, Lou Perkins n'en reste jamais là. Le contraire voudrait dire... Que c'est la fin du monde !

- Truman Truman Truman...

Oups... Maman Lou était là, ça ne signifiait généralement pas grand chose de bien. Gabriel affichait la mine d'un enfant ayant fait une bêtise, sur le point de se faire gronder. Même si Lou ne voulait pas le reconnaître, elle pouvait parfois être effrayante. Bien plus que le professeur MacGonagall qui pourtant, était terrifiante quand elle était en colère. Mais en regardant de plus près l'expression de la brune, le brun n'y vit qu'une certaine déception et tristesse.

- C'est pas bon ça. Tu le sais que c'est pas bon, hein ?

Il hocha piteusement de la tête. Qu'aurait-il pu faire ? Surtout qu'il connaissait la Serdaigle par coeur : elle avait une idée derrière la tête et souvent (pour ne pas dire tout le temps), elle parvenait à ses fins. Si Gabriel avait des idées espiègles qu'il mettait en oeuvre, tel un ange, il considérait Lou comme son alter ego, mais plus ténébreuse. Comme ces apparitions que l'on a sur les épaules : l'ange et le démon. Mais de là à pouvoir dire avec certitude qui des deux était l'ange... Voilà une autre histoire.

- Alors voilà ce qu'on va faire. Toi et moi on va s'y remettre !

Elle avait tapé la cuisse de Gabriel franchement. Il pouffa, trouvant qu'elle n'avait pas beaucoup de force. Sa transformation avait également grandement augmenté sa tolérance à la douleur. Il fallait voir les côtés positifs à tout cela... Néanmoins, il s'arrêta lorsque la dernière information finit par atteindre les barrières de son cerveau. Lou voulait qu'il reprenne le Quidditch.

C'était terriblement tentant, même plus que cela. Il voulait se replonger corps et âme dans ce sport, profiter de la sensation du vent comme avant, frapper dans un cognard avec hargne et violence, se défouler comme jamais... Il en avait envie, c'était indéniable. Mais s'il faisait quelque chose de dangereux ? S'il n'arrivait pas à se contrôler avec la joie ? Ou pire encore : s'il blessait Lou ? Il n'arriverait pas à s'en remettre. Voilà qu'un nouveau conflit interne s'éveillait. Cependant son corps répondit à sa place. Déjà il hochait de la tête positivement avec un énorme sourire.

S'il avait pu, il se serait frappé le front avec la paume de sa main, mais le faire après avoir dit oui... C'aurait semblé étrange, à n'importe qui. Alors à la place il se dit que dire oui n'engageait pas un match tout de suite, et il aurait le temps de chercher quelques excuses pour éviter une confrontation.

- Avec plaisir ! finit-il par ajouter.

Lou reprit alors, avec beaucoup plus de sérieux cette fois. Maintenant, c'était elle qui semblait avoir fait une bêtise. Gabriel pouvait discerner une certaine culpabilité, et ça, ça l'angoissait. Il se fit alors sérieux, prêt à écouter ce qu'avait la brune à dire.

- J'ai un peu lâché mon balai moi aussi. Un scandale hein ! Mais c'est pas tout.

Quelque part, il fut soulagé, ce n'était que ça. Son ancien lui aurait été scandalisé. Mais ce n'était plus le cas aujourd'hui. Si le Quidditch était sacré avant, dorénavant, ça l'était moins, et il voyait que c'était le cas de la jeune femme aussi. Il se détendit, attendant d'entendre la suite. Il ignorait même si la suite lui plairait. Mais tant pis, il fallait savoir écouter.

- C'est Serpentard qui a gagné la coupe.

Gabriel prit un air faussement choqué, sa bouche formait un parfait "O".

- Lou Perkins ! Je suis choqué et déçu ! dit-il sans garder son sérieux. Vous qui étiez si diligente, quelle immense déception. Mon petit coeur d'ex-capitaine est brisé en mille morceaux ! ajouta-t-il d'un ton très largement dramatique. Comment cela se fait-ce ? Comment se fait-il que les vils serpents des cachots aient gagné ?

- On peut pas dire que j'ai été très présente pour mon équipe, mais en même temps j'étais un peu préoccupée.

Le visage sombre et inquiet de Lou voulait tout dire. Préoccupée par quoi ? Par qui ? Pourquoi ? Gabriel se sentit un peu coupable. Il n'y avait qu'à voir la réaction de la brune lorsqu'elle l'avait repéré, elle s'était forcément inquiétée de sa soudaine disparition. Malgré tout, il voulait se persuader qu'il n'était pas la raison de cette préoccupation. A la place, il mit tout ça sur les ASPIC. C'était forcément ça. Lou était très studieuse, appliquée et surtout perfectionniste.

- Les Poufsouffles s'en sont pas si mal sortis sinon ! Deuxième.

Douée, très douée. Elle avait finement détourné la conversation sur une note plus joyeuse. Les blaireaux s'étaient bien classés. Le brun était fier de son ancienne maison. Le choix d'avoir élu Anita comme capitaine était une superbe décision. A n'en pas douter, elle mènerait les Poufsouffle à la victoire. Déjà, Gabriel exclamait sa joie.

- Mais calme-toi, c'est uniquement parce que j'ai pas assisté à un match sinon je vous aurais botté les fesses, c'est évident !

- Oh, Miss Perkins, vous m'effrayez !

Le ton taquin de Gabriel n'enlevait rien à la joie qu'il avait ressentit aux nouvelles de sa maison. Et surtout, il savait très bien que Lou aurait pu aider les Serdaigle à gagner. Elle avait une forte combativité et un fort esprit de compétition. Avec elle en lice, Serdaigle aurait pu gagner. Tant pis pour les bleus et bronzes. La victoire ne leur était pas donnée.

- Je te rassure tout de suite on n'est pas arrivés derniers hein.

- Ouais enfin, pas premiers non plus, dit-il en haussant un petit sourcil moqueur.

Sa petite réflexion ne visait pas à faire culpabiliser, mais simplement à enquiquiner comme il le faisait si bien. Ca lui avait manqué ces petites joutes verbales qu'ils avaient parfois. Maintenant qu'il était là, tout cela allait pouvoir reprendre avec beaucoup d'amusement !

- L'équipe des Gryffondor a été catastrophique... Fallait vraiment le vouloir pour arriver derrière eux.

- En même temps, j'ai envie de dire qu'ils n'ont jamais été très bons. Enfin moi je ne les ai jamais connus bons. Il paraît que quand il y avait Harry Potter, c'était un nouvel âge d'or pour les Gryffondor, mais j'ai jamais connu ça. Donc bon... Ca n'a rien de surprenant de savoir leur nullité.

Il haussa les épaules avec une certaine nonchalance et négligence. C'était ainsi. Aucune surprise sur ça. Et puis bon, si Lou avait peur de décevoir Gabriel avec sa confession, c'était plutôt le contraire. Ca l'avait vraiment soulagé. Savoir qu'elle avait elle aussi mis en suspens son loisir et sa passion le faisait sentir moins coupable. Ca devait sans doute se lire sur son visage.

- Mais, dis, si tu me refuses un match amical dans la semaine tu vas me briser le coeur.

Son amie avait ponctué sa presque-demande avec des yeux de chien battu. Par la barbe de Merlin ! Pour quelle raison lui avait-il appris une technique aussi vile ? Il essaya de détourner le regard, pensant à une solution, une excuse... Puis il se souvint qu'il avait des recherches à faire. Et son installation n'était pas terminée ! Mais bien sur !

- Ah, je ne peux rien te promettre à ce sujet, j'en suis navré. J'ai encore pas mal de chose à installer et je dois rendre visite à ma famille, j'ai pas pu aller les voir pour le moment, il marqua une légère pause mais reprit. Et du coup, je pourrais bien avoir besoin de ton aide en fait !

Lou lui avait dit qu'elle était au service des empoisonnements à Sainte-Mangouste s'il se souvenait bien. Il n'était pas forcément très doué pour se souvenir des services hospitaliers. Pour lui, l'hôpital se résumait à des médecins. Vision simpliste mais à l'image du brun.

- Je dois faire quelques recherches sur une potion à la bibliothèque. Et comme toi, tu fais des potions pour tes patients, et que moi, j'ai des patients aussi, on pourrait peut-être s'entraider ? Enfin... Toi tu m'aideras plus que je ne t'aiderais à tous les coups ! Dit-il avec une mine malicieuse.

Il savait que Lou aimait se plonger dans les casse-têtes. Et là, il en offrait un sur un plateau d'argent. Il devait faire des recherches à la bibliothèque sur quelques potions pour soigner des créatures. Et même si leurs patients respectifs différaient les uns des autres légèrement, peut-être qu'il y avait des points communs à prendre en compte.

- Si ça te dit, on peut se rencontrer à la bibliothèque dans la semaine ? Ce sera plus simple que de faire un match de Quidditch pour l'instant.




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Re: Une silhouette du passé   Ven 19 Jan - 20:27

Une silhouette du passé
ft. Gabriel Truman
Bien-sûr, Gabriel n'avait pas manqué l'occasion d'afficher sa prétendue déception. Cette fausse morale condamnant la capitaine d'avoir échoué face aux Serpents ne la rebuta pas tant : elle connaissait son ami et ses taquineries usuelles. Il était même plutôt content des révélations qui suivirent sur son ancienne équipe de blaireaux, et nullement surpris par la médiocrités des Lionceaux. Toute façon dans cette affaire, tout ce qui intéressait l'ex-Serdaigle était de se remettre sur un balai pour défier son gentil rival d'antan !

- Ah, je ne peux rien te promettre à ce sujet, répondit-il à son grand regret, j'en suis navré. J'ai encore pas mal de chose à installer et je dois rendre visite à ma famille, j'ai pas pu aller les voir pour le moment. Et du coup, je pourrais bien avoir besoin de ton aide en fait !

Lou était clairement déçue par ce manque d'enthousiasme, ce qui se traduisit par une moue boudeuse un tantinet enfantine. Comme elle n'était jamais spécialement rayonnante, elle comptait sur Gab pour rééquilibrer la balance et là, pinuts ! Que pouvait-elle y faire après tout s'il avait des choses à "installer", ou s'il devait rendre visite à sa famille ? Tout cela était totalement justifié, il n'y avait pas grand chose à dire après de tels arguments... Elle se montra compréhensive après un temps, attendant gentiment la suite.

- Je dois faire quelques recherches sur une potion à la bibliothèque. Et comme toi, tu fais des potions pour tes patients, et que moi, j'ai des patients aussi, on pourrait peut-être s'entraider ? Enfin... Toi tu m'aideras plus que je ne t'aiderais à tous les coups ! Dit-il avec sa mine Trumanesque. Si ça te dit, on peut se rencontrer à la bibliothèque dans la semaine ? Ce sera plus simple que de faire un match de Quidditch pour l'instant.

AH ! Voilà qui la réconfortait quelque peu. Mieux que du boulot : une collaboration !

- Oh mais oui ! Quand tu veux ! Totalement ! Je suis là ! Quand tu veux ! avança-t-elle avec une rare excitation.

Elle n'aurait pas été jusqu'à frapper des mains, quoique... mais la possibilité d'aider son grand copain dans sa tâche se révélait tout à fait passionnante, et en plus ça constituait un super prétexte pour le revoir avant qu'il ne s'évapore à nouveau.

- Tu veux faire quoi ? On commence quand ? C'est pour tes bêtes ? Tu fais des recherches en particulier ?

Lou le mitraillait déjà de questions. Elle n'était pas spécialisée dans les animaux mais elle était incollable sur les différents ingrédients et leurs propriétés magiques. En alliant les connaissances de Gab sur les bêtes et ses propres compétences médicomagiques, ils feraient un super duo et elle apprendrait tout un tas de choses au passage ! C'était vraiment EXCITANT.

Avant de définitivement s'égarer, elle se racla la gorge et adopta un ton plus maîtrisé pour aller à l'essentiel.

- Cette semaine je suis libre tous les jours à partir de 16H, à moins qu'il n'y ait une urgence à l'hôpital mais dans ce cas je te préviendrai... T'es dispo quand, toi ?







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Re: Une silhouette du passé   Ven 19 Jan - 21:16


Une silhouette du passé

avec Lou Perkins

- Oh mais oui ! Quand tu veux ! Totalement ! Je suis là ! Quand tu veux !

La surexcitation de la brune rassura le sorcier et lui mit un peu de baume au coeur. Il avait déjà eu la confirmation plus tôt qu'elle serait nécessaire et indispensable à son bien-être, mais à présent il savait qu'elle serait une source de reconstruction. Cette pensée le fit sourire un peu, c'était généralement une métaphore employée pour les bâtiments, pas pour les gens. Puis il se fit une remarque intérieure comme quoi, il était aussi vide que les bâtiments... Au final cette métaphore n'en était peut-être pas tant une.

- Tu veux faire quoi ? On commence quand ? C'est pour tes bêtes ? Tu fais des recherches en particulier ?

Elle avait enchaîné avec une rapidité phénoménale ce qui eut pour effet de faire cligner des yeux le Poufsouffle. Il ricana en voyant autant d'entrain et d'impatience. La bibliothèque était un aussi bon choix que le Quidditch, et ça le rassurait de voir que certaines choses n'avaient pas changées. Il prit une grande inspiration avant de répondre à son amie.

- En fait je suis en train de faire des recherches sur une potion curative qui s'appliquerait aux créatures dangereuses. Elles ne se laissent pas facilement approcher, encore moins avec une baguette à la main. Du coup, j'ai pensé à une petite entourloupe, ajouta-t-il avec une lumière amusée dans le regard. Pourquoi ne pas offrir simplement à boire et à manger à ces merveilleuses bêtes ? Je veux dire, pas juste ça mais mélangé à ça, il y aurait cette potion.

Il marqua une pause pour s'assurer qu'il était clair, mais connaissant la Perkins, il savait d'avance qu'elle avait bien compris. Plus d'une fois, elle avait su comprendre ses idées fouillies et pas très éloquentes.

- En gros, ces bêtes refusent de se faire soigner la plupart du temps. Du coup je veux pouvoir les aider. Du coup ça te dit ?

- Cette semaine je suis libre tous les jours à partir de 16H, à moins qu'il n'y ait une urgence à l'hôpital mais dans ce cas je te préviendrai... T'es dispo quand, toi ?

C'était donc un oui. Il lui offrit un grand sourire avant de lui répondre.

- Je t'enverrais un hibou avec la date !

Et comme si son poignet l'avait brûlé, il vérifia l'heure. Il écarquilla les yeux en constant l'heure. Il avait encore un tas de choses à faire, et même s'il adorait la compagnie de Lou, il ne pouvait pas rester avec elle éternellement. Du moins, pas aujourd'hui. Mais il se promit de trouver un moment - hors recherches - de passer du temps avec son amie.

- Bon, Loulou, dit-il avec nonchalance, je dois te laisser. J'ai encore une montagne de choses à faire, ajouta-t-il avec un air défaitiste. Mais je ne t'oublie pas et attends toi à recevoir la visite d'un hibou !

Il allait partir, mais avant ça il se pencha vers la Serdaigle et déposa un petit baiser sur sa joue pour lui dire au revoir. Il se mit à trottiner en partant et se retourna pour faire un grand signe de main à Lou en lui offrant un sourire radieux. Malgré tout ce qu'il se passait dans sa misérable vie, Gabriel se sentait plus optimiste qu'à son arrivée. En reprenant sa route, il eu comme un arrêt cérébral. Il venait de faire un bisou à Lou non ? Bah, tant pis, c'était la joie de leurs retrouvailles qui l'avait poussé à agir ainsi !




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Re: Une silhouette du passé   Ven 19 Jan - 23:31

Une silhouette du passé
ft. Gabriel Truman
L'idée de Gabriel était très astucieuse ! Mélanger appât et potion magique pour apprivoiser les créatures dangereuses dans le but de les soigner, c'était vraiment malin ! Sans surprise, Lou était partante à 100%.

- Je t'enverrais un hibou avec la date ! confirma-t-il avant de jeter un oeil nerveux à l'appareil autour de son poignet.

A partir de là, tout alla très vite.

- Bon, Loulou, je dois te laisser. J'ai encore une montagne de choses à faire, ajouta-t-il submergé. Mais je ne t'oublie pas et attends toi à recevoir la visite d'un hibou !

- Boh, j'espère bie... commença-t-elle à l'instant où son ami lui déposait un baiser sur la joue avant de se volatiliser.

Truman était déjà loin et Lou, statufiée sur son blanc, écarquillait de grands yeux entrecoupés de quelques clignements saccadés. Ce n'était qu'un petit bisou sur la joue, rien de bien fou en somme, mais ce n'était pas moins inattendu et appréciable ! Très inattendu même ! En général ils se cantonnaient au petit hug amelle finit par hocher la tête comme pour se parler à elle-même dans une démarche analytique forcée.

"Bon, cool !", pensa-t-elle en un ultime hochement d'approbation, haussant doucement les épaules comme pour calmer et rationaliser son enthousiasme.

Par Merlin, que ces retrouvailles lui faisaient du bien ! C'était ça, justement, la sensation de pouvoir sincèrement sourire à nouveau. En toute simplicité.







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