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Amaretto   Mer 11 Avr - 20:49





AMARETTO

Rosalind marchait d'un pas vif, remontant le Chemin de Traverse. Emmitouflée dans un manteau long et doublé de fourrure, elle ressentait pourtant cruellement la morsure du froid londonien.

"Ne me parle pas de pardon. Le pardon ne veut rien dire chez nous."
Elle n'avait pas été surprise de la distance contenue dans la réponse de @Drago Malefoy. Elle s'y était attendue. Au moins, il avait accepté de la voir et le lendemain même de sa lettre. Ce dont elle lui était reconnaissante.

Arrivée devant Ollivanders, elle souffla sur ses doigts rougis. Comme une idiote, elle n'avait pas pensé à inclure des gants dans ses bagages. Le climat méditerranéen l'avait habituée à des températures plus douces. Un chapeau n'aurait pas été superflu non plus: la cascade de ses cheveux roux qui s'étalait sur ses épaules ne la protégeait pas suffisamment du froid.

Rosalind était en avance. Appréhendant ses retrouvailles avec l'héritier Malefoy, elle avait fini par ne plus supporter de tourner en rond dans sa chambre d'hôtel et était sortie. Tant pis, elle attendrait.

Quelque part, elle se sentait stupide d'être aussi nerveuse. D'avoir autant peiné à écrire à Pansy et à Drago. Cela faisait des années qu'ils ne s'étaient pas vus, le temps avait passé, les deux anciens Serpentards avaient refait leur vie. Elle ne représentait sans doute pour eux qu'un souvenir, un visage ami dans un album de classe, et qui appartenait au passé. Et il aurait du en être de même pour elle. Mais ils avaient été ses proches, ses alliés, ses soutiens, et, à une exception près, elle n'avait pas réussi à nouer des relations aussi profondes avec les Sorciers rencontrés au cours de ses voyages. Revenir en Angleterre, entendre sa langue maternelle parlée de tous côtés, la ramenaient douloureusement à tout ce qu'elle avait laissé derrière elle. À ces liens qui s'étaient distendus, et peut-être même brisés. Par sa faute de surcroît.

Et pour rendre la chose plus délicate encore, Drago, qui menaçait de paraître à tout moment au coin de la rue, n'avait pas représenté qu'un simple ami pour elle. En croisant son reflet dans la vitrine d'Ollivanders, Rosalind se demandait si le jeune homme avait changé. Si il la trouverait changée. Si...

Exaspérée de se sentir aussi fébrile, Fawley se redressa. Elle se tourna vers le flot des passants et bien campée sur ses bottines à talons, chercha à repérer dans la foule, cette nuance de blond si particulière et que, même après huit ans, elle n'avait pu oublier.


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Re: Amaretto   Mer 11 Avr - 23:54


Amaretto




Ft. Rosalind Fawley

Secoué
Drago avait un rendez-vous tout particulier aujourd'hui. Il allait revoir Rosalind, sa vieille amie qui, comme tant d'autres, avait disparu de la circulation quand tout s'était délité à l'aube de la dernière guerre. Un hibou avait sonné son retour, sans prévenir, comme une parenthèse niée rappelant des instants gâchés.

Le blond était sur la réserve. Peu de gens avaient compté à cette époque, mais Rosa avait fait partie de ses rares bras droits, peut-être avec plus de pudeur que Blaise ou Pansy. Ca allait au-delà du leadership. Rosa le supportait, le tempérait, faisait preuve d'une intelligence vive que la plupart de ses camarades ne possédaient pas à cet âge. Il se serait bien gardé de le lui dire, peut-être par manque de conscience, mais sa seule présence lui avait été d'une influence bénéfique, comme pour équilibrer la balance parmi toutes les langues perfides qu'il se délectait de guider en ce temps-là. Il y avait aussi eu ce petit acoquinement, un soir de beuverie adolescente, qui avait distendu leur proximité un bref moment, avant de repartir sur de bonnes bases et, enfin, subir son éclipse imprévue. Aucun débriefing ambigu n'avait souillé l'estime de Drago pour son amie après leur baiser, parce qu'il avait su effacer ce qu'il était primordial de nier. Son père, Potter, la guerre, Voldemort, tous prenaient trop de place, et Rosalind avait cédé la sienne en quittant tout ce qui s'y rattachait. Depuis ? Plus rien. Le néant brutal et absolu. Et ce hibou un matin de février.

Il faisait froid ce jour-là. Drago était descendu de son luxueux appartement pour longer l'interminable rue pavée depuis laquelle elle l'attendrait. Le long de son parcours, il cogitait aux retrouvailles dont il ne parvenait pas à déterminer l'issue. Il lui en voulait terriblement, comme il en avait voulu à Pansy et comme il en voulait toujours à ceux qui n'étaient pas revenus. Elle, elle était revenue. C'était déjà ça. En tout bon Malefoy qui se respecte, il avait prévu d'afficher son masque impénétrable, affreusement glacial et détaché. L'important c'était de ne rien montrer, même avec Rosalind. Surtout avec Rosalind. Lorsqu'il arriva à la hauteur de la très réputée boutique de baguettes magiques, il reconnut sa chevelure rougeoyante encore plus sauvage et foisonnante qu'autrefois. Un curieux sentiment s'empara de sa raison, comme une appréhension toute enfouie qui refaisait surface. Il s'approcha plus près, de marbre, et s'arrêta à son niveau. Silence.

- Rosalind, constata-t-il.

Il resta bien cinq bonnes secondes à la regarder sans rien ajouter. C'était devenu une femme, une belle femme pleine de couleurs et d'expériences à partager. Quelque chose avait changé. Ce petit bout avait fait son bonhomme de chemin, c'était à la fois excitant, troublant, et déstabilisant. Lui n'avait pas bougé, jamais, comme si ses chaînes le liaient toujours à cet endroit. Finalement, sans pouvoir l'expliquer, sa mine sombre laissa place à un rictus, puis à un franc sourire. Son regard devint plus doux, plus clair, et sa stature plus avenante. Il était heureux de la retrouver et les faux-semblants n'avaient plus l'importance qu'il leur avait accordée.

La pudeur l'empêcha de la prendre dans ses bras, même si l'envie ne manquait pas. A la place il exerça une simple pression de ses doigts pâles autour de son bras et l'invita à le suivre en emboîtant le pas, à la recherche d'un lieu calme pour rattraper le temps perdu.

- Tu as au moins pensé à partager tes découvertes, ironisa-t-il sans rancune. Tu connais un endroit qui fait de l'amaretto comme tu en as bus en Italie ?

Drago n'avait jamais voyagé en Europe suffisamment longtemps pour en apprécier les saveurs et, même si cette boisson était relativement connue et qu'il l'avait peut-être goûtée sur un malentendu, il n'en avait pas un souvenir impérissable. Sûrement qu'elle devait être préparée dans le respect de son pays, et que les bars respectueux de ces traditions ne se trouvaient pas à chaque coin de rue.



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Re: Amaretto   Jeu 12 Avr - 1:57





AMARETTO

Une intuition, comme une électricité, lui fit tourner la tête au moment où Drago s'avança vers elle. À sa vue, malgré elle, l'air froid s'engouffra de manière chaotique dans ses poumons, gonflant brusquement sa poitrine. En apnée, elle ne pouvait que constater: Drago était beau. Très beau. C'était une chose d'en avoir gardé le souvenir, c'en était d'une autre d'être face à cette évidence. Tâchant de se souvenir comment on pratiquait la respiration - expirer doucement, inspirer de nouveau, calmement, et recommencer - Rosalind laissait ses yeux avides absorber tout ce qu'elle pouvait du visage de Malefoy. Les traces du temps, les joues qui s'étaient affinées, les cheveux qui avaient conservé leur éclatante blondeur, les yeux, les pommettes, la bouche... Une foule de souvenirs jaillit dans l'esprit de Rosalind. Des discussions et des rires, des moments plus difficiles aussi. Un baiser. Qu'elle n'avait pas oublié mais dont elle se souvenait, à présent, avec une précision qui la déroutait.

Rien dans l'expression de Drago, ne laissait transparaître la moindre émotion. Froid et distant, il ne manifestait aucun plaisir de la voir. Mais il était là, en face d'elle, et pour le moment, c'était suffisant.

- Rosalind.

Elle était sur le point de répondre quand quelque chose en elle l'arrêta. Ce n'était pas le moment. Pas encore. Malefoy la dévisageait, l'air peu amène. Elle passait une épreuve, elle le savait, et sous le regard inquisiteur de Drago, elle se sentit soudain calme. Comme si un élément de cet univers qui lui paraissait si confus retrouvait sa place. Ne cherchant pas à feindre ou à dissimuler, elle se laissa regarder. Elle attendit le verdict.

Au bout de quelques instants, Drago ébaucha un sourire, qui continua de s'élargir pour éclairer son visage de jeune homme. Rosalind retint un soupir de soulagement et, en miroir, sourit avec chaleur à son ami de longue date.

- Drago, le salua-t-elle enfin.

- Tu as au moins pensé à partager tes découvertes. Tu connais un endroit qui fait de l'amaretto comme tu en as bu en Italie ?


Elle se laissa faire quand Drago lui saisit délicatement le bras. Le contact de ses doigts à travers son épais manteau suffisait à lui faire oublier le froid qu'elle avait ressenti plus tôt. Ne restait que la buée qui sortait de ses lèvres quand elle lui répondit.

- Quand j'étais à Parmes, on m'a parlé d'un petit café Italien pas très loin. À ce qu'on m'a dit, il est plutôt réputé parmi les expatriés.

Autant se laisser porter par le moment. S'ils devaient parler de ce que chacun d'eux avait traversé lors de ces années de séparation, ils le feraient au cours de la soirée. Ou plus tard. Ou bien les choses redeviendraient comme avant sans qu'ils aient à aborder les sujets les plus graves. Mais la jeune femme savait qu'elle s'illusionnait en caressant cette idée.

Rosalind guida Drago dans les rues jouxtant le Chemin de Traverse jusqu'à arriver devant la devanture d'un bar, petit, mais qui semblait chaleureux à en croire les couleurs qu'on pouvait deviner derrière les vitres. Elle poussa la porte du Liquore d'Oro et, se dirigea vers un serveur pour lui glisser quelques mots d'italien. Ce dernier éclata de rire et acquiesça, désignant une table libre, un peu à l'écart.

Elle retira son manteau et le disposa sur le dossier d'une chaise. Replaçant ses cheveux sur son épaule, elle s'assit, faisant face à Drago.

- Ça va te changer du Whisky Pur-Feu, dit-elle en souriant à son compagnon. Mais même si c'est sucré, c'est plutôt fort.

Elle marqua une pause avant de dire avec douceur.

- Je suis contente de te voir.


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Re: Amaretto   Jeu 12 Avr - 4:53


Amaretto




Ft. Rosalind Fawley

Observateur
Après un temps-mort nécessaire pour se redécouvrir, Rosalind le salua avec la même chaleur timide et se laissa embarquer sans émettre de protestation.

- Quand j'étais à Parmes, évoqua-t-elle en route pour réagir à sa question, on m'a parlé d'un petit café Italien pas très loin. À ce qu'on m'a dit, il est plutôt réputé parmi les expatriés.

Il se laissa guider en retour. Drago connaissait mal les lieux exotiques de sa bonne vieille Angleterre pour s'avancer en grand Manitou cette fois-ci. Il était plutôt du genre à suivre ses petites habitudes pour éviter les mauvaises surprises. Pester sur la propagande de la Gazette au lever en sirotant son thé noir - toujours le même -, fréquenter les endroits classieux qu'on recommandait parce que réputés, côtoyer les gens qu'il savait supérieurs - et pas forcément pour leur sang -, le tout sans prendre de risque et sans se laisser surprendre par un abominable imprévu. Il contrôlait tout et se préservait de tout. Le problème qui en résultait, c'est qu'il s'empêchait parfois de vivre, de découvrir, et de s'ouvrir. Drago et ouverture n'avaient jamais fait bon ménage d'ailleurs, et même si son cas s'était amélioré depuis son entrée à Poudlard - business oblige -, ce n'était toujours pas ça. Peut-être même que la guerre avait ravivé cette méfiance à l'égard du monde, préférant paradoxalement rester menotté aux spectres des démons qu'il connaissait déjà et qu'il apprenait encore à apprivoiser. Rosalind était donc un ovni pour lui. Il n'osait imaginer tout ce qu'elle avait pu voir, goûter ou ressentir. Cette pensée était fascinante autant qu'effrayante et, dans le même temps, trop conséquente pour lui. Ceux qui avaient vu le monde échappaient indubitablement à son contrôle, et ça c'était forcément intimidant.

Lorsqu'ils arrivèrent au pas de la vitrine du Liquore Oro, le blond réalisa qu'il lui était déjà arrivé de passer devant sans prendre la peine d'inspecter sa chaleur, traçant sa route dans une indifférence qui lui était propre. Une fois à l'intérieur, il se sentit propulsé dans un ailleurs troublant, hors de sa zone de confort, comme un étranger. Bien entendu, il n'en montrait rien, s'en remettant silencieusement à son amie qui avait l'air d'être comme une sirène dans des volutes océanes. Elle échangea même ce qui semblait être une boutade avec un serveur, dans la langue latine qu'il ne déchiffrait pas. L'instant d'après, ils furent invités à rejoindre une table.

Comme elle, il se débarrassa de son manteau, le replia soigneusement sur lui-même - dans la longueur de sorte à ne pas le froisser - et le déposa sur le dossier de sa chaise. Ils n'avaient pas de porte-manteaux mais c'était l'aventure. Soit. Il se concentra sur elle et nota un délicieux tic qu'elle avait su conserver après toutes ces années. Celui de réorienter sa crinière envahissante vers un coin de sa poitrine, triturant ses mèches rebelles aussi gracieusement qu'à 11 ans. Certaines choses ne changeaient pas et c'était rassurant. Du reste, il s'était toujours demandé comment elle faisait, au quotidien, pour gérer sa tignasse imposante dans une maîtrise si naturelle. Une négociation que les filles savaient faire sans jamais s'embarrasser, comme un talent inné et mystérieux.

- Ça va te changer du Whisky Pur-Feu, dit-elle en esquissant un sourire qu'il lui rendit. Mais même si c'est sucré, c'est plutôt fort.

Il hocha la tête pour assurer son consentement. Peu importe le goût, ce n'était pas important et ça irait très bien. Après un temps qu'il ne brisa pas, toujours observateur et indécis, la rouquine reprit.

- Je suis contente de te voir.

- Je suis content aussi, avoua-t-il sans nécessité de le feindre, laissant pourtant entrevoir une pointe d'amertume dans la couleur terne de ses cordes vocales.

Un religieux silence s'imposa, néanmoins troublé par le bruit sourd des tintements de verres mêlés aux éclats de voix. Finalement, il décida de briser la glace, quitte à faire l'autruche.

- Tu dois avoir plein de choses à me raconter, commença-t-il en livrant un sourire engageant malgré un sous-ton amer indésiré et toujours présent. Alors, l'Europe, hein ? C'était comment ?

Y'avait-il plus convenu comme approche ? Il aurait pu lui demander les raisons de son retour, si elle avait trouvé ce qu'il lui manquait ici, plaisanter pour savoir si elle avait fait tourner des têtes... Tant de choses qui impliquaient des explications auxquelles il ne pouvait se résoudre dans l'immédiat. C'était encore trop délicat pour l'un comme pour l'autre. "C'était comment" paraissait plus sécurisant, plus libre, même si involontairement inquisiteur. Pourtant, il le savait, des justifications se révèleraient nécessaires pour exorciser ce sentiment persistant. Drago était heureux mais froissé, donc trop mesuré pour profiter pleinement de ces retrouvailles. Certainement que cette lutte interne se lisait sur ses traits qu'il croyait à tort maîtriser, oscillant entre douceur et méfiance, joie et déception, malice et absence. En plus, il avait soif et le serveur n'était toujours pas revenu. Après un verre, ça irait peut-être mieux...



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Re: Amaretto   Jeu 12 Avr - 15:59





AMARETTO
- Je suis content aussi.

Ces quelques mots allèrent droit au coeur de Rosalind. Mais elle perçut la légère amertume qui s'y était glissée. (Et qui, ironie du sort, s'accorderait parfaitement avec l'amaretto qu'elle avait commandé.)

Elle savait que c'était à elle d'entamer la conversation, mais aucune des amorces qui lui traversaient l'esprit ne lui semblait juste. Le silence s'installa. Drago semblait se tenir sur son quant-à-soi, dans l'expectative des prochaines phrases qu'ils échangeraient, et probablement, aussi, des explications de Rosalind quant à son absence des dernières années.

Elle jeta un bref coup d'oeil à la salle pour voir si le serveur arriverait bientôt pour leur apporter leurs boissons, mais ce dernier s'affairait toujours derrière le bar.

- Tu dois avoir plein de choses à me raconter. Alors, l'Europe, hein? C'était comment?


Reconnaissante à Malefoy d'avoir mis un terme à ce silence qui commençait à devenir trop long, Rosalind se redressa sur sa chaise. Génréreux, il lui offrait une ouverture, et dissimulant tant bien que mal sa fébrilité, elle s'y jeta.

- C'était... varié. Je ne suis jamais restée très longtemps au même endroit. Il y a eu la France. Beauxbâtons. Et puis, j'ai voulu voir Paris.

Au souvenir de la ville lumière, les yeux de Rosalind pétillèrent. Elle avait aimé parcourir les rues de la capitale, avait été séduit par l'omniprésence de cette architecture si élégante et de la désinvolture étudiée des quelques Sorciers qu'elle y avait rencontrés.

- Cette ville est tout simplement magnifique. Mais les Français... Et bien les Français que j'ai côtoyés ont été charmants, mais je crois que je n'ai jamais réussi à vraiment les saisir. C'est étrange, il semblent à la fois distants et trop légers... J'ai aussi fait un tour en Suisse, en Andalousie, ajouta-t-elle avec un léger mouvement de la main, comme pour balayer cette liste de destinations. Et puis j'ai vécu quelques temps en Italie...

Le serveur lui offrit une pause salutaire quand il apporta deux verres pleins d'un liquide ambréee. Elle sentait qu'elle parlait trop et avait la désagréable impression de citer des extraits du Guide du Sorcier Voyageur. Mais tant pis.

- Grazie, remercia-t-elle avec un sourire, avant de poursuivre. C'est le pays qui m'a le plus séduite. Mais... je ne m'y suis jamais vraiment sentie chez moi. Depuis que je suis arrivée, je me rends compte à quel point l'Angleterre m'avait manquée.

En prononçant cette phrase, elle se rendit compte que son regard s'attardait un peu trop longtemps sur le visage de Drago. Elle les détourna et se saisit de son verre, qu'elle leva.

- Salute?, proposa-t-elle avec un sourire pour son compagnon.

Elle but une gorgée du breuvage doux-amer.

- Et toi? Comment vas-tu?



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Re: Amaretto   Jeu 12 Avr - 17:21


Amaretto




Ft. Rosalind Fawley

Avenant
C'était... varié, se lança-t-elle sous l'oeil attentif de son interlocuteur. Je ne suis jamais restée très longtemps au même endroit. Il y a eu la France. Beauxbâtons. Et puis, j'ai voulu voir Paris.

Le blond haussa le bout de son menton que ses sourcils imitèrent pour manifester son intérêt.

- Cette ville est tout simplement magnifique. Mais les Français... Et bien les Français que j'ai côtoyés ont été charmants, mais je crois que je n'ai jamais réussi à vraiment les saisir. C'est étrange, il semblent à la fois distants et trop légers... J'ai aussi fait un tour en Suisse, en Andalousie, énuméra-t-elle évasivement. Et puis j'ai vécu quelques temps en Italie...

Ce à quoi il répondit par un nouveau hochement de tête, mutique, sans se départir de son sourire en coin. Rosalind lui contait ses aventures, les synthétisait pour lui en offrir un récit clair et concis, et lui ne pouvait s'empêcher de la scruter, cherchant dans ses traits accomplis d'autres expériences qu'elle aurait préférés lui taire. A mesure qu'elle causait il y voyait plus clair. Ce qui avait changé, précisément, c'était l'étincelle dans ses yeux. Plusieurs étincelles même. Des strass de merveilles, des paillettes de souvenirs, des pépites d'aventures, et des étoiles mélancoliques. Rien à voir avec la lueur terne qui pouvait l'habiter autrefois. Drago se réjouissait de voir son amie ainsi repue, sans toutefois parvenir à annihiler l'infatigable pincement saisissant sa poitrine.

Au même moment, le serveur revint - enfin ! - leur apporter leur liqueur. Rosalind le remercia d'un "Grazie" qui fit discrètement pouffer le blond tandis qu'il sondait la robe du contenu de son verre. En guise de remerciement, lui se contenta d'un signe de tête respectueux.

- C'est le pays qui m'a le plus séduite, reprit-elle sur la Botte. Mais... je ne m'y suis jamais vraiment sentie chez moi. Depuis que je suis arrivée, je me rends compte à quel point l'Angleterre m'avait manquée.

Il scotcha ses yeux anthracites dans les siens, plus saturés, plus réveillés, plus vifs, captant un message qu'il décida de commenter en la laissant détourner le regard.

- Considère que tu as manqué à l'Angleterre, s'amusa-t-il en ébauchant un sourire, puisqu'il fallait coder ses messages.

- Salute? proposa-t-elle aussi sec en s'emparant de son verre.

- Salute, tenta-t-il.

Lorsque la liqueur traversa son gosier, le blond en analysa toutes ses saveurs. C'était... surprenant. Comme un goût d'amande amère et, comme elle l'avait prévenu, très sucré et pas moins doté de panache.

- Et toi? Comment vas-tu? le lança-t-elle sans lui laisser le temps d'avancer sa bonne appréciation de la boisson.

Il reposa son verre et se demanda par où il pourrait commencer. Qu'y avait-il à dire ? Que pourrait-il lui donner à mastiquer ? Rien n'avait réellement changé depuis toutes ces années, comme si le temps s'était arrêté en attendant le retour des évadés.

- Je suis devenu alchimiste, commença-t-il, persuadé que la rouquine ne s'en montrerait pas surprise, et mon affaire se porte plutôt bien. Pour l'instant je vise une clientèle assez jeune, fêtarde et ambitieuse, à mon image je crois, mais je compte m'étendre. Ma dernière trouvaille c'est l'alco-tempérant, une potion pour dessoûler un peu si un crétin ne se fixe pas de limites et enchaîne les verres pendant une soirée ou une réunion importante. Faudrait pas qu'il se ridiculise auprès d'éventuels investisseurs... Mais je fais des mixtures plus sérieuses aussi, je traite avec Sainte Mangouste pour améliorer certaines potions qui occasionnent des effets secondaires. Enfin tu me connais je vois les choses en grand. Je compte élargir ma clientèle et d'ici quelques années, avoir mon usine, mes employés, un laboratoire plus grand, et un vrai business. J'ai dans l'espoir de devenir leader sur le marché pharmaceutique en fait. Rien que ça, ponctua-t-il en arquant ses sourcils.

On ne l'arrêtait plus quand il glissait sur ce terrain ! Et en dehors de tout ça, le blond ne savait pas quel sujet aborder. Il trouvait ça inconvenant d'évoquer les minettes qu'il avait courtisées dans le seul but de passer du bon temps. Rien de tangible n'était à signaler hormis sa passion devenue son gagne-pain. Toutefois, cet angle le motiva à retourner l'interrogation.

- Et toi ? Qu'est-ce que tu comptes faire ici ? Et même là-bas, à part profiter des Italiens ou te mesurer aux Françaises qui, j'en suis sûr, ne faisaient pas le poids, tu avais une activité particulière ? Comment tu vivais ?

Il n'avait que ça à la bouche : le travail. Mais Drago était véritablement curieux.



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Re: Amaretto   Ven 13 Avr - 2:36





AMARETTO
"Considère que tu as manqué à l'Angleterre." Une phrase signée Malefoy. Et que Rosalind se répétait en regardant le jeune homme porter son verre à ses lèvres. Drago avait toujours eu le sens de la formule, celle qui faisait mouche, immanquablement. En quelques mots, il avait la capacité de vous crucifier, ou de vous faire pousser des ailes. Puis il vous laissait là, sur place, vous laissant vous débrouiller avec votre désarroi ou votre béatitude irraisonnée.

Et comme à chaque fois, il avait touché juste.

- Je suis devenu alchimiste, et mon affaire se porte plutôt bien.


Fawley lui sourit avec chaleur. *Evidemment.* Au vu des dispositions exceptionnelles qu'avait toujours montré Drago dans ce domaine, cela n'avait rien d'étonnant. Il avait navigué dans le cours de Rogue avec une facilité qui la laissait admirative et abasourdie, elle qui était incapable de comprendre pourquoi il fallait, non pas une, ni trois, mais deux mesures de tel ou tel ingrédient. Cette science lui avait toujours semblé inaccessible.

Et désormais, Malefoy travaillait à ses propres compositions.

Elle eut un sourire entendu en apprenant que sa première création était destinée à réguler les effets indésirables de l'ivresse. Elle imaginait bien quelles expériences personnelles avaient pu inspirer le Sorcier à imaginer une telle potion... Et c'était plus qu'intelligent de sa part. Pas étonnant que le succès commercial ait été au rendez-vous.

- Mais je fais des mixtures plus sérieuses aussi, je traite avec Sainte Mangouste pour améliorer certaines potions qui occasionnent des effets secondaires. Enfin, tu me connais je vois les choses en grand. Mais je fais des mixtures plus sérieuses aussi, je traite avec Sainte Mangouste pour améliorer certaines potions qui occasionnent des effets secondaires. Enfin tu me connais je vois les choses en grand. Je compte élargir ma clientèle et d'ici quelques années, avoir mon usine, mes employés, un laboratoire plus grand, et un vrai business. J'ai dans l'espoir de devenir leader sur le marché pharmaceutique en fait. Rien que ça.

- Rien que ça, répéta-t-elle, en souriant largement à son ami retrouvé, les yeux pétillants de malice.  Ça ne fait aucun doute que tu y parviendras. Je n'ai pas encore rencontré d'alchimiste plus doué que toi. Elle secoua la tête en pensant à sa propre inaptitude en la matière. Je n'ai jamais compris comment tu t'y prenais. Et pourtant, tu as bien essayé de m'expliquer, et tu étais patient. Heureusement que tu étais là sinon Rogue aurait fini par m'assassiner. Elle allait évoquer son résultat au B.U.S.E. de potions mais s'abstînt. Leur Cinquième Année à Poudlard avait marqué le début d'une longue descente en enfer, et elle ne voulait pas les ramener à ces sombres souvenirs. La seule chose que j'ai jamais réussi à réaliser correctement, c'est le somnifère dont tu m'avais appris la recette, poursuivit-elle d'un ton léger.

- Et toi ? Qu'est-ce que tu comptes faire ici ?
, demanda Drago à son tour. Et même là-bas, à part profiter des Italiens ou te mesurer aux Françaises qui, j'en suis sûr, ne faisaient pas le poids, tu avais une activité particulière ? Comment tu vivais ?

*Profiter des Italiens ou se mesurer aux Françaises?* Rosalind éclata de rire. Drago l'avait prise au dépourvu. Un couple assis à une des tables voisines se retourna vers elle, surpris.

- En réalité, pour répondre à une partie de ta question, déclara-t-elle, non sans amusement, je ne me suis pas tant mesurée aux Françaises qu'aux Italiennes. Je ne sais pas si elles faisaient le poids ou non, en tous cas, ça ne m'a pas empêchée d'arriver à mes fins. Et pour le reste... J'ai travaillé comme assistante d'un chercheur en botanique, près de Naples. J'ai aussi écrit un livre.

Elle marqua une pause pour siroter une autre gorgée, savourant la chaleur sucrée de l'alcool.

- Je suis sur un projet un peu différent en ce moment, un livre toujours, mais plus un essai qu'un roman.

Elle n'en dit pas plus de peur d'ennuyer Malefoy avec toutes ses recherches, ses notes en vrac notées sur des liasses de parchemins, étalés sur le bureau de sa chambre d'hôtel et sur lesquelles elle n'avait pu se concentrer de toute la journée.


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Re: Amaretto   Ven 13 Avr - 17:23


Amaretto




Ft. Rosalind Fawley

Avenant
Rien que ça, le cita-t-elle.  Ça ne fait aucun doute que tu y parviendras. Je n'ai pas encore rencontré d'alchimiste plus doué que toi. Je n'ai jamais compris comment tu t'y prenais. Et pourtant, tu as bien essayé de m'expliquer, et tu étais patient. Heureusement que tu étais là sinon Rogue aurait fini par m'assassiner. La seule chose que j'ai jamais réussi à réaliser correctement, c'est le somnifère dont tu m'avais appris la recette.

Drago, sensible à sa flatterie, ricana en se remémorant leurs "cours particuliers". A 11 ans il lui avait proposé son aide, parce que c'était une Fawley, parce qu'elle était mignonne, et parce qu'elle était prête à recevoir le numéro d'expert qu'il aimait tant mettre en scène. Il n'était pas spécialement pédagogue ou patient à cet âge-là, et pourtant la rouquine buvait ses paroles sans broncher, le laissant sous le feu des projecteurs de la classe de Potions. L'élève parfaite à qui il avait adoré montrer les bons gestes, prodiguant de précieux conseils qu'il se gardait bien de révéler à n'importe qui. C'était un peu les prémices de leur amitié.

Lorsqu'il s'intéressa plus profondément à ses labeurs hors des terres anglaises, Rosalind ne se joua d'aucun mystère.

- En réalité, pour répondre à une partie de ta question, je ne me suis pas tant mesurée aux Françaises qu'aux Italiennes. Je ne sais pas si elles faisaient le poids ou non, en tous cas, ça ne m'a pas empêchée d'arriver à mes fins.

Que Rosalind parvienne à ses fins sans nécessité de se mesurer à des rivaux potentiels ne l'étonnait guère. Elle n'avait pas besoin de battre le fer, comme tant d'autres, et savait s'imposer autrement. Par la ruse, le mérite, et l'élégance notamment. Du moins, il en était ainsi à Poudlard et, visiblement ça n'avait pas tellement changé.

- Et pour le reste... reprit-elle. J'ai travaillé comme assistante d'un chercheur en botanique, près de Naples.

Ah oui, c'est vrai qu'elle avait des facilités en botanique. C'était son truc quand lui crachait dessus sans pudeur, surtout la partie "ouvrière". Mettre des plantes dans des pots, désherber, nourrir, choyer... Tout ce qui impliquait la souillure de ses mains d'aristocrate en somme, sans parler de l'influence des blaireaux qu'il pouvait ressentir à travers le professeur Chourave, fait qui le rebutait franchement en ce temps-là. Pourtant, en grandissant il avait appris à modérer cette aversion, tout simplement parce que la botanique était complémentaire aux potions... L'un n'allait pas sans l'autre, et pour maîtriser sa passion il avait dû apprendre à concilier les deux. Aujourd'hui, il avait même une serre aménagée dans son grand appartement, partie labo, avec tout un tas d'espèces qu'il se surprenait à chouchouter pour garantir la qualité de ses mixtures enchantées. De quoi ravir Rosalind ! Il lui montrerait, à l'occasion d'une invitation...

- J'ai aussi écrit un livre, avoua-t-elle.

Impressionnant, traduisit-il par une mimique attentive tandis qu'elle savourait une autre gorgée de sa liqueur. Il attendait patiemment la suite.

- Je suis sur un projet un peu différent en ce moment, un livre toujours, mais plus un essai qu'un roman.

- Rien que ça, réemploya-t-il en étirant un coin de ses lèvres. C'est un beau CV mais, entre nous, ça ne me surprend pas.

Il porta son breuvage à ses lèvres. Rosalind avait toujours attaché un soin particulier au poids des mots. C'était un trait de sa personnalité qui invitait au respect, selon lui. Il avait remarqué cet attrait à de nombreuses reprises, rien qu'en l'écoutant parler, à sa façon de s'exprimer, et cela se ressentait davantage dans ses lettres, plus réfléchies - quand elle daignait en envoyer. Manifestement, savoir bien parler empêchait certains de dire les choses simplement... Il chassa immédiatement cette pensée acide. Ils gravissaient une bonne lancée, inutile d'obscurcir le tableau si rapidement.

- Rosalind Fawley a été publiée alors ?

Il faillit plaisanter d'un maladroit "Et tu ne m'envoies même pas une copie ?" avant de se raviser pour les mêmes raisons.

- Ca parle de quoi ? On peut le trouver en Angleterre ? préféra-t-il sans masquer sa curiosité.

Il avait l'intention de s'intéresser à son essai dès lors qu'elle fournirait ces précisions.



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Re: Amaretto   Sam 14 Avr - 13:18





AMARETTO

- Rosalind Fawley a été publiée alors ?

- Eh oui, confirma-t-elle d'un air radieux.

De tout ce qu'elle avait entrepris ces dernières années, l'écriture de ce premier roman était la seule chose qu'elle avait vécu comme un accomplissement. Et dont elle avait été vraiment fière. En tenant le volume relié entre ses mains, elle avait pensé avec émotion à la petite fille rêveuse et enthousiaste qu'elle avait été. Comme si, au moins à un endroit, elle ne lui avait pas complètement fait défaut.

Même si la petite Rosalind d'alors pensait avec innocence et vanité qu'il lui suffirait de se proclamer écrivaine, de jeter sur le parchemin quelque phrases bien tournées pour que son imaginaire coloré s'y déploie. Evidemment, le succès suivrait tout naturellement, et elle pourrait évoluer avec grâce parmi la haute société, croulant sous les récompenses et nimbée de l'admiration de ses pairs. Adulte, Rosalind avait rapidement compris que ses rêveries débridées d'autrefois étaient assez éloignées de la réalité. La littérature demandait du temps, et de l'acharnement. Bien plus qu'elle ne l'avait imaginée. Elle avait du dépasser son habituel dilettantisme pour accoucher de son livre. Mais elle s'était accrochée, et elle avait fini par décrocher un contrat dans une maison d'édition italienne.

- Ça parle de quoi ? On peut le trouver en Angleterre ?


- Ça parle d'amour, commença-t-elle simplement, encouragée par la curiosité sincère de Malefoy. À la fin du siècle dernier, à Venise. C'est l'histoire d'un homme qui aime une femme, mariée à un autre, pendant cinquante ans. Ça parle de regrets aussi, du temps qui passe...

Elle se sentit soudain gênée par le compte-rendu fade qu'elle venait de faire à son ancien ami. Même après les innombrables corrections qu'elle y avait apportées, son livre lui semblait encore imparfait. Mais elle s'y était mise à nu, bien plus que devant n'importe qu'elle amant. Et elle n'avait pas songé que Drago, Pansy, ou aucune des personnes qui l'avaient si bien connue adolescente, pourrait un jour lire ses écrits. Cette idée la troublait. Mais dans son souvenir, Malefoy n'était pas vraiment porté sur la lecture de romans, si?

- Tu ne le trouveras pas encore ici. Le manuscrit originel est en anglais, mais je dois encore démarcher les maisons d'édition de Londres. Le personnage féminin, continua-t-elle avec un petit rire, pour masquer son malaise, te ferait peut-être penser à Pansy. Je ne m'en suis pas rendue compte en l'écrivant, mais je pense qu'elle m'a inspirée en partie cette femme amoureuse. D'ailleurs, j'ai aussi écrit à Pansy. Pour lui dire que j'étais de retour...

De nouveau, elle laissa le silence s'installer. Elle aurait voulu demander si Drago et Pansy étaient toujours aussi proches, si ils avaient renoué depuis que Parkinson était revenue du Canada. Elle songea à la lettre qu'elle avait adressée à l'ancienne Serpentard et qui n'avait pas encore reçu de réponses.

Elle aurait pu continuer cette discussion sur un ton léger, évitant, comme ils le faisaient depuis le début, les sujets délicats. S'enquérir poliment de la mère de Malefoy, de l'endroit où il vivait à Londres, demander s'il avait des nouvelles de leurs camarades de promotion. Mais tout était lié, de près ou de loin, à la guerre et aux pertes qu'ils avaient subies. Et leur relation n'était pas anodine aux yeux de Rosalind, elle ne l'avait jamais été. Elle lui devait plus que ça. Plus qu'un simple bulletin résumant ces voyages et ses derniers travaux

Aussi, avala-t-elle une grand lampée d'amaretto et, le ventre noué, lâcha d'une voix plus grave.

- J'ai voulu vous écrire. Juste après avoir fui l'Angleterre avec Père. Pour vous prévenir. Mais c'était impossible. Et puis j'ai appris la mort de Mère, deux semaines après la... Elle n'acheva pas cette phrase, préférant contrôler le tremblement qui menaçait de faire éclater sa voix. J'ai voulu laisser passer du temps, trop de temps. Et quand les choses ont eu enfin l'air de s'apaiser, j'ai de nombreuses fois voulu prendre de vos nouvelles. De tes nouvelles. Mais, je... Je ne savais plus comment faire.

C'était douloureux. Très douloureux. Elle n'avait jamais pu formuler à voix haute ce sentiment de terrible impuissance qui avait été le sien. Et elle prenait conscience du comportement lâche qu'elle avait eu pendant des années.

Serrant son verre avec force, comme pour s'y accrocher, elle regardait Malefoy. Les yeux plongés dans le regard anthracite du jeune homme. L'indulgence, ou le pardon - comme il le lui avait clairement rappelé - n'étaient pas dans ses habitudes. Du moins, s'il n'avait pas changé. Et Fawley n'avait aucune idée de comment ses explications, plutôt maigres - elle en convenait - seraient reçues. Surtout que Drago ne les avait pas demandées.



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Re: Amaretto   Sam 14 Avr - 22:07


Amaretto




Ft. Rosalind Fawley

Avenant
Ca parle d'amour, répondit-elle sous l'oeil amusé du blond. À la fin du siècle dernier, à Venise. C'est l'histoire d'un homme qui aime une femme, mariée à un autre, pendant cinquante ans. Ça parle de regrets aussi, du temps qui passe...

- Une belle tragédie, ponctua-t-il peu étonné de l'angle noueux adopté par l'écrivaine.

Pour tout dire, Drago n'était pas très porté sur les romans d'amour. Les récits impliquant des jeux de pouvoir et de séduction le stimulaient beaucoup plus, à l'instar des manuels qui ne passent pas par quatre chemin pour révéler leurs clefs, comme les livres de potions, mais l'amour ? Il en ignorait tout et s'interdisait d'en rêver. Non. Il n'avait même pas besoin de s'en détacher puisque ça ne rentrait pas dans son vocabulaire. A la rigueur, il pouvait parler d'arrangement, de contrat, comme ça se faisait souvent chez les sang-purs, ou encore de rapport de force, d'emprise, et de contrôle pour les plus volages. Mais l'amour...

- Tu ne le trouveras pas encore ici, reprit-elle. Le manuscrit originel est en anglais, mais je dois encore démarcher les maisons d'édition de Londres. Le personnage féminin te ferait peut-être penser à Pansy. Je ne m'en suis pas rendue compte en l'écrivant, mais je pense qu'elle m'a inspirée en partie cette femme amoureuse. D'ailleurs, j'ai aussi écrit à Pansy. Pour lui dire que j'étais de retour...

- Je vois, se contenta-t-il de formuler derrière son rictus.

Comment Pansy le prendrait-elle ? Celle-ci était imprévisible. Elle pouvait aussi bien lui dérouler le tapis rouge, partageant ses expériences canadiennes en restant à l'affut de son périple européen, ou rester hautaine, voire taper un scandale dans un élan sanguin trop dur à canaliser. Pansy... Il ne se prononcerait certainement pas pour elle.

- Aussi, poursuivit-elle avant d'ingurgiter une bonne dose de courage. J'ai voulu vous écrire. Juste après avoir fui l'Angleterre avec Père. Pour vous prévenir. Mais c'était impossible.

Drago serra les dents. Le moment fatidique arrivait. L'inévitable parenthèse des explications... De peur de la fusiller du regard, il se concentra sur le liquide ambré.

- Et puis j'ai appris la mort de Mère, deux semaines après la... A cette phrase inachevée, il bascula vivement vers ses prunelles brillantes pour les transpercer de son éclat glacial. J'ai voulu laisser passer du temps, trop de temps. Et quand les choses ont eu enfin l'air de s'apaiser, j'ai de nombreuses fois voulu prendre de vos nouvelles. De tes nouvelles. Mais, je... Je ne savais plus comment faire.

Sa mère n'était plus ? Elle avait désamorcé la bombe par ces simples mots. En fin de compte, Drago savait bien peu de choses... Il ignorait tout de ce que la rouquine avait pu traverser à cette époque, et sa tirade lui fit l'effet d'un électrochoc. Il lui était difficile de se mettre à la place de ses compères, pourtant il imagina sans peine l'horreur absolue d'une vie sans Narcissa.

Il pouvait éprouver toute sa difficulté rien qu'en la regardant. Dans ses yeux éclatants, ses gestes maladroits, sa voix fébrile... Rosalind n'en menait pas large, et même s'il adorait induire le malaise chez ses interlocuteurs, il ne se délectait pas du tout de la situation. C'était trop proche de lui pour qu'il s'en amuse.

Rosalind s'agrippait à son verre et lui ne détournait plus le regard, comme pour s'enraciner dans le sien et parvenir à communiquer sans avoir besoin d'émettre le moindre son. Fait impossible. Il lui faudrait parler.

- Je suis désolé pour ta mère, s'autorisa-t-il d'un ton morne et solennel.

Très mauvais dans le déballage de sentiments, Drago se contenta d'adoucir la portée de son regard pour combler ce nouveau silence.

- Eh bien, tu es là maintenant.

Que pouvait-il émettre d'autre que ce constat évident qui la dédouanait de tout ? Sans doute aurait-il pu y ajouter un peu de chaleur mais il ne savait pas comment. Ces situations avaient tendance à le mettre mal à l'aise. Comment lui dire qu'il lui en voulait d'être partie sans laisser de trace après un tel aveu ? Il n'y parvenait pas. Rosalind aussi avait ses démons seulement, peut-être qu'à présent elle les lui confierait au lieu de les fuir, et qu'il l'aiderait à les porter pour lui montrer son soutien, dans la pudeur qui les caractérisait tant. En soi, c'était déjà une belle évolution.

Voyant la mine toujours aussi peu assurée de la rousse, il mit sa rancoeur de côté pour pouvoir l'apaiser autrement.

- Tout va bien, renchérit-il derrière un sourire d'une douceur réservée que peu lui connaissaient.

Et ce serait tout. Il ne rentrerait pas dans les détails sordides, ne parlerait pas de la guerre, de celui qui en avait été l'instigateur, des tortures sur les nés moldus, des cris qui hantaient toujours ses cauchemars, du sang qui refusait de s'évaporer sur l'imposant tapis du salon, au manoir, de sa mère dépassée et passive, de son père lâche, pathétique, en cavale, de sa souffrance qu'il aimait noyer dans le whisky pur feu le soir venu, du manque de ses proches et de la difficulté de l'admettre, de son égo souillé, et des dilemmes qui l'assaillaient encore. Non, il ferait fi de toutes ces jérémiades sans décortiquer celles de son amie. Il entendrait, simplement.

Il n'était pas question de pardon, non pas parce qu'il refusait d'accorder le sien, mais parce que le pardon n'effaçait rien, de toute façon. Il lui semblait plus juste d'intérioriser le poison, de faire avec, et d'avancer. Exactement le schéma qu'il reproduisait avec Rosalind.

Désireux d'en finir au plus vite, il termina son verre et s'empressa de changer de sujet dans une posture plus détendue.

- Tu ne m'as pas parlé du plus important...

Il laissa passer un ange pour que sa réplique fasse mouche.

- ...les conquêtes ?

En évoquant les "choses sérieuses", son sourire devint presque lubrique. Voilà un sujet plus léger qui ferait glisser le fil de la conversation plus aisément. En plus, ça l'intéressait vraiment. Rosalind et sa tignasse avaient dû faire des ravages, il n'en doutait pas. Cependant, il espérait un compte-rendu plus audacieux que ceux qu'elle récitait proprement à Poudlard. Il avait toujours pensé que Rosalind n'usait pas suffisamment de ses charmes, malgré ses atouts bien présents. Il aurait pu en témoigner sur le ton de la blague, évoquant un "accident" qu'il se remémorait vaguement, mais il s'en garda de peur de paraître inconvenant. Jamais ils n'en avaient reparlé, de ce baiser. Il était nié, inexistant, enterré, car dépourvu de sens. Du moins, ils en avaient convenu tacitement et aucun problème ne s'était posé. Depuis, la pulpe des lèvres de Rosalind avait dû être cueillie par d'autres mâles frétillants. Le caractère possessif, protecteur et concierge de Drago ne faisait qu'alimenter sa curiosité...



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Re: Amaretto   Dim 15 Avr - 1:55





AMARETTO

- Je suis désolé pour ta mère.

Elle fut touchée par ces mots. Sobres et sans affectation malvenue. Drago ne l'avait pas enfoncée, n'avait pas balayé ses excuses de deux ou trois phrases narquoises et assassines. Simplement, il lui présentait ses condoléances, avec toute la pudeur et la retenue que seul un ami pouvait avoir. Et cette sympathie, au sens premier du terme, parvînt à faire s'évanouir un peu de son chagrin. Avant lui, personne n'avait songé à partager, même de quelque mots formels, la perte que Gallus et Rosalind avaient subi. Qui pouvait regretter la mort d'une Mangemort? Seuls les familles des victimes avaient le droit au deuil et à la peine.

- Eh bien, tu es là maintenant, constata-t-il, lacunaire.

"Oui, je suis là...", songea-t-elle en reposant doucement son verre vide sur le bois de la table. "Et je ne suis pas encore sûre de ce que je vais y faire, mais je ne retournerai pas en arrière."

- Tout va bien.

Elle releva la tête, surprise de la bienveillance avec laquelle Drago avait parlé. Le visage du jeune homme n'exprimait plus aucune froideur ou distance. Il lui souriait avec douceur. Un sourire rare, que Rosalind reconnut et qu'elle lui rendit, laissant les coins de sa bouche remonter et creuser délicatement ses joues. Elle n'aurait pas pu espérer plus belle amnistie que ce sourire. Elle acquiesça, apaisée et heureuse.

- Tu ne m'as pas parlé du plus important...

*C'est-à-dire?* Peut-être avait-elle cru à tort que le sujet était clos? Pourtant, l'atmosphère tendue des instants précédents semblait s'être dissipée. Elle arqua un sourcil interrogatif.

- ...les conquêtes ?

Une nouvelle fois, elle éclata d'un rire cristallin. Elle avait répondu par une pirouette à la précédente allusion de Malefoy sur le sujet. Mais à la vue du sourire carnassier qu'affichait ce dernier, elle se dit que cette fois-ci, elle n'y couperait pas. Et, après tout, elle n'avait rien à cacher. Peut-être qu'elle n'aurait pas elle-même évoqué le sujet, mais puisqu'il l'y invitait...

- Et qu'est-ce que vous voulez savoir exactement, Mr. Malefoy? demanda-t-elle en se rejetant sur le dossier de sa chaise, les mains écartées, comme une invitation. Un inventaire exhaustif de mes "conquêtes" comme vous dites?

Sur ce plan-là, elle n'avait pas boudé son plaisir ces dernières années. Rosalind s'était intéressée aux garçons plutôt tardivement. Les chuchotements mêlés de gloussement de ses petites compagnes au sujet de tel ou tel camarade de classe, l'avaient longtemps laissée dubitative et exaspérée. Puis il y avait eu cet attrait grandissant pour le jeune Drago dont la présence la troublait sans qu'elle puisse identifier pourquoi. Jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'elle-même n'était pas aussi immunisée qu'elle le croyait contre les rêveries et la quête délicieuse d'effleurements inopinés. La nuque blonde et les lèvres pâles de son ami d'alors avait fait, à l'époque, l'objet d'un intérêt... ardent. Puis Rosalind avait grandi, et elle avait appris avec ivresse et délices les jeux de la séduction.

- Si je te raconte, tu me rendras la politesse?, demanda-t-elle, mutine. Mais d'abord, tu veux qu'on sorte?

Leurs deux verres étaient vides, et elle ne pensait pas qu'un deuxième verre, au vu de sa fatigue, serait une bonne idée. Et l'angoisse qu'elle avait nourrie en songeant à leurs retrouvailles retombait, la laissant soulagée, mais un peu lasse. Elle avait envie de bouger, de prendre l'air. Avec vivacité, elle se leva de la chaise, remit son manteau et se dirigea vers le serveur afin de payer leurs consommations. Geste que Drago, grand prince, interrompit. Elle le regarda s'éloigner, appréciant un moment la démarche assurée et déliée du jeune homme, et sortit du café, le laissant régler l'addition.

Elle remonta son col pour faire barrage au froid de la rue, et quand Drago la rejoignit, elle se mit à marcher d'un pas tranquille, prenant la direction de son hôtel.

- En ce qui concerne "le plus important", commença la jeune femme en reprenant les mots de son compagnon, j'ai fait quelques rencontres intéressantes sur le continent. Certaines... vraiment intéressantes, dit-elle avec un large sourire. La plupart du temps, ça n'était pas sérieux. Enfin, pas sérieux... Elle haussa les épaules. L'amour était une chose légère, douce, puissante, parfois douloureuse, mais le qualificatif de "sérieux", ne lui avait jamais paru approprié. Disons que ça n'a pas duré très longtemps. Même si, la dernière fois, dit-elle, plus sérieuse, en se tournant vers Drago, j'ai bien failli être fiancée.

Elle dépassa le jeune homme de quelques pas avant de faire volte-face et de lui sourire avec malice.

- Voilà! Est-ce que j'ai un peu satisfait ta curiosité? Et toi?, demanda-t-elle. Puisque c'est toi qui parle de conquêtes...

Glissant ses mains fines dans les poches de son long manteau, elle ajouta, sur le ton d'une constatation.

- J'imagine qu'elles ne sont pas nombreuses à te résister.



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Re: Amaretto   Mer 18 Avr - 1:54


Amaretto




Ft. Rosalind Fawley

Avenant
Son petit rire lui assura un malaise rompu.

- Et qu'est-ce que vous voulez savoir exactement, Mr. Malefoy? Un inventaire exhaustif de mes "conquêtes" comme vous dites?

Le blond arqua malicieusement les sourcils comme pour dire « parfaitement ».

- Si je te raconte, tu me rendras la politesse?

Cette fois, il cligna des yeux d'un air entendu, prêt à entendre son récit.

- ...Mais d'abord, tu veux qu'on sorte?

Ah ! Les femmes et leur mystère ! Soit, s'il fallait en passer par là pour qu'elle se livre sans retenue, il obtempérerait. Mais lorsque la rouquine se dirigea vers le serveur pour régler la note, il préféra la contrer.

- Je m'en occupe, affirma-t-il naturellement.

Question de convenance ! C'était son petit côté gentleman que son éducation n'avait pas ratée. Il n'allait certainement pas laisser une jolie demoiselle dégarnir sa bourse, et encore moins Rosalind Fawley. Elle l'attendrait dehors pendant qu'il s'en chargerait.

En la retrouvant emmitouflée dans son beau manteau, il n'attendit pas deux souffles pour qu'elle rompe le suspense.

- En ce qui concerne "le plus important", j'ai fait quelques rencontres intéressantes sur le continent. Certaines... vraiment intéressantes.

Et ça l'intéressait ! La petite Rosalind savait donc mesurer le poids de ses atouts désormais. Elle en avait fait, du chemin, ce qui rendit Drago fier et, avouons-le, un peu curieux.

- La plupart du temps, ça n'était pas sérieux. Enfin, pas sérieux... Disons que ça n'a pas duré très longtemps.

De mieux en mieux ! L'alchimiste était soufflé de l'entendre prononcer ces mots. Jamais il n'aurait osé imaginer Rosalind encline à la frivolité.

- Même si, la dernière fois, reprit-elle plus grave, j'ai bien failli être fiancée.

Il manqua de s'étouffer. Fiancée ? Sans arrangement ? Par... amour ? Elle ne livra pas plus de détails, préférant se poster devant lui, toute farceuse.

- Voilà! Est-ce que j'ai un peu satisfait ta curiosité?

Pas vraiment. Comme si elle lui avait livré un synopsis sans en raconter les chapitres.

- Et toi? Puisque c'est toi qui parle de conquêtes... J'imagine qu'elles ne sont pas nombreuses à te résister.

Pas si vite...

- Attends attends, t'as failli accepter qu'on te passe la bague au doigt ? C'était qui ? Et pourquoi tu reviens libre comme l'air ?

Drago en voulait plus, beaucoup plus. Il lui fallait des détails et, pour sa part, n'en livrerait aucun qu'elle pouvait aisément deviner tant qu'il n'obtiendrait pas gain de cause.

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Re: Amaretto   Jeu 19 Avr - 12:57





AMARETTO

Malefoy ne répondit pas à sa question. Il semblait interloqué.

- Attends, attends, t'as failli accepter qu'on te passe la bague au doigt ? C'était qui ? Et pourquoi tu reviens libre comme l'air?


Ah. Mince. L'amaretto, trompeur, avait peut-être amené Fawley à en dire un peu plus qu'elle n'aurait souhaité. Elle ne pensait pas avoir à évoquer cette histoire en détails si tôt. Surtout avec Drago. Mais la curiosité était peinte sur le beau visage diaphane de son compagnon, et il semblait déterminé à l'assouvir.

Le sujet de ses fiançailles avortées n'était pas vraiment douloureux, mais Rosalind ressentait toujours une vague nostalgie quand elle repensait à Lucciano. "Des regrets? Et à qui la faute?" lui souffla une petite voix intérieure. Une petite voix qui charriait beaucoup de remords et de culpablité ces derniers temps. Beaucoup trop pour Rosalind. Et elle aurait bien aimé fermer une bonne fois pour toutes le clapet de cette soit-disant conscience.

- C'était avec Lucciano Salvatore. Je ne sais pas si tu as entendu parler de cette famille italienne. Lucciano est botaniste et il venait souvent consulter le professeur que j'assistais dans ses recherches. Nous nous sommes plu, nous avons commencé à nous fréquenter... Et nous sommes tombés amoureux.

Et voilà, les grands mots étaient tombés. Le souvenir de Lucciano était plein de tendresse, et aussi d'une douce mélancolie. C'était ainsi, elle n'y pouvait rien et l'acceptait. Impossible de feindre une quelconque indifférence en évoquant l'Italien avec lequel elle aurait pu partager sa vie. Ça aurait été malhonnête, et même si Rosalind n'avait rien contre le mensonge quand cela pouvait être utile, elle estimait que certaines choses ne devaient pas en être entachées.

- Après quelques temps, il m'a demandée en mariage. Mais j'ai refusé. Parce que je n'étais pas prête, je suppose. Et nous nous sommes séparés.

Elle n'était pas prête, non. Même avec Lucciano, elle avait toujours eu ce sentiment d'incomplétude qui l'avait accompagnée depuis son départ d'Angleterre: la sensation que d'obscures fantômes demeuraient, où qu'elle aille, chevillés à son corps. Rosalind aurait pu, comme elle avait appris à le faire, se laisser porter, se laisser glisser dans les bras du bel Italien. Oublier, enterrer le passé, faire le deuil de cette partie d'elle-même et continuer cette histoire napolitaine avec légèreté, mais sans y être jamais vraiment entière. Et cela n'aurait pas été digne de Lucciano.

De nouveau, Rosalind sentait le froid de Londres mordre sa chair. Elle remonta son écharpe en cachemire jusque sur son menton; elle frissonnait. La brume s'était levée. Quelle heure était-il? Vingt-deux heures? Vingt-trois? Le brouillard étirait la lueur des réverbères en auréoles diffuses et orangées. Comme des petits soleils d'hiver, flaiblards. Dans ce cadre, enveloppé par l'ombre et ces halos de lumière chaude, Drago semblait tout droit sorti d'un tableau. Ses cheveux blonds irradiaient, et l'obscurité donnait à ses traits une ressemblance troublante avec le jeune chanteur peint par de La Tour.

Quand elle s'approcha de lui pour se placer à son côté, Rosalind eut l'étrange sensation de pénétrer dans ce tableau. Elle glissa son bras sous celui de Drago, le saisissant doucement et l'entraînant de nouveau dans les rues du quartier de Traverse.

- Voilà, conclut-elle d'une petite voix. Je parle beaucoup de moi... Et tu ne me dis pas grand chose sur Malefoy et les femmes. Ou peut-être qu'il n'y en a qu'une?

Elle leva ses yeux bleus vers le visage de son ancien ami. L'idée que Drago put avoir une compagne ne l'avait pas effleurée jusqu'à présent. Et elle s'en sentait stupide. Elle était bien placée pour savoir que, au moins à Poudlard, Malefoy avait été plutôt... léger en la matière. Mais peut-être qu'il avait changé. Qu'il était amoureux. Cette éventualité lui piqua légèrement le coeur. *Allons bon, Rosa, ne sois pas ridicule.*

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Re: Amaretto   Mar 24 Avr - 9:52


Amaretto




Ft. Rosalind Fawley

Avenant
C'était avec Lucciano Salvatore. Je ne sais pas si tu as entendu parler de cette famille italienne, commença-t-elle.

Le blond pencha légèrement la tête sur le côté pour signifier qu'il en avait vaguement entendu parler.

- Lucciano est botaniste et il venait souvent consulter le professeur que j'assistais dans ses recherches. Nous nous sommes plu, nous avons commencé à nous fréquenter... Et nous sommes tombés amoureux.

« Amoureux », un mot qui lui était étranger. Drago ne décrocha pas pour autant. Il écoutait, attentif et secrètement fasciné. Rosalind Fawley était tombée amoureuse, apprivoisant un fruit dont il n'avait su ou pu apprécier la saveur. Un domaine dans lequel il demeurait éclatant de pureté, lui qui se pensait expert et décadent partout ailleurs. La rouquine l'avait devancé sur un terrain inconnu pour la première fois. Pourtant, il abordait son récit comme une histoire lointaine, une légende qui ne le toucherait jamais d'aussi près, et qu'il évitait comme la peste.

- Après quelques temps, il m'a demandée en mariage. Mais j'ai refusé. Parce que je n'étais pas prête, je suppose. Et nous nous sommes séparés.

Cet aveu ne l'étonna guère. A ses yeux, la légende se terminait toujours de la même façon à moins de passer par un « arrangement » pas plus gargarisant. Pour lui, les acteurs de ces amourettes s'illusionnaient pour combler un manque d'assurance, ils se reposaient sur une béquille illusoire, oubliaient leur ambition au profit d'une passion éphémère, et masquaient leur médiocrité pour se sentir meilleur. Drago n'avait pas besoin de ça, lui, et il lui semblait que Rosalind non plus. Elle était probablement tombée dans le piège pour donner un sens à sa fuite, jusqu'à ce qu'elle se rende à l'évidence et se ravise. Du moins, c'est ce qu'il comprit, et c'est pourquoi il ne la rangea pas dans le même panier que les autres victimes. Il se contentait de fixer un point droit devant lui, hochant calmement la tête sans poser de jugement, jusqu'à ce qu'il sente un bras se glisser sous le sien qu'il accepta sans émettre aucune protestation.

- Voilà. Je parle beaucoup de moi... Et tu ne me dis pas grand chose sur Malefoy et les femmes. Ou peut-être qu'il n'y en a qu'une?

Il transperça le regard clair qui le sondait comme pour lui rendre grâce, et esquissa un rictus pudiquement fripon.

- Plusieurs, aucune, du pareil au même, admit-il.

Les conquêtes des Drago étaient nombreuses mais sans importance. Du moins, pas suffisamment pour en faire un rapport détaillé à Rosalind. De toute façon, il aimait chasser sans pour autant mettre à jour son tableau, comme un prédateur gentleman sachant comment attirer ses proies sans les bousculer, exploitant un super pouvoir inné sans spécialement le revendiquer. S'il se vantait, c'était principalement avec Blaise. Pour les autres, aussi bien relations charnelles que plus légèrement amicales, préserver sa discrétion était une manière de renforcer son pouvoir d'attraction, comme pour induire l'envie de tailler un diamant mystérieux ou de s'abreuver de sa richesse. Non, Drago n'était pas un dragueur offensif. Il ne livrait pas de grande phrase sur les yeux des filles et leur ressemblance fortuite avec quelque constellation, ne perçait nullement la bulle d'une demoiselle pour imposer un regard trop lourd de sous entendus, et ne promettait jamais monts et merveilles pour obtenir gain de cause. Ca, c'était de la triche et beaucoup moins satisfaisant. A l'inverse, il aimait savoir qu'il plaisait sans faire trop d'effort, conscient de son charme polaire dont il livrait l'aura au service des fantasmes de chacune, malgré (ou grâce à) sa noirceur. Sa tactique se résumait donc au mystère, sa pâleur, son argent, et ses rictus. Au-delà de ça, il n'y avait pas grand chose à en retirer. Drago aimait simplement exalter les cœurs féminins en leur offrant cette image caricaturale et améliorée de lui-même, sans jamais rien livrer de personnel, comme une chimère obsédante pour toutes celles qui rêvaient de se laisser cueillir par ses mains vénéneuses.

- Non, tu n'es pas prête de te retrouver devant madame Malefoy, ricana-t-il sans quitter ses prunelles étincelantes.

Puis il décida de se montrer plus bavard. Après tout, Rosalind était une femme qu'il fallait contenter un peu mieux que ça... Alors il broderait pour noyer le poisson.

- Je suis trop occupé dans mes affaires si tu veux tout savoir. Je ne me refuse pas du bon temps mais l'évoquer plus longuement ne ferait pas honneur à nos retrouvailles, Rosalind, plaisanta-t-il un tantinet charmeur.

Il continuèrent de parader, bras dessus bras dessous, jusqu'à ce que Malefoy rompe ce court silence.

- Alors tu m'as quitté pour un type qui s'appelle Lucciano, constata-t-il faussement sérieux, trahissant même une pointe d'amertume.

Il y avait une blague douteuse et possessive à déceler derrière cette réplique, comme si c'était absurde de le fuir pour tomber dans les bras d'un autre, comme s'il devait avoir l'exclusivité sur toutes ses amies, et que celles-ci devaient graviter autour de lui sans jamais le quitter et sans jamais le remettre en question. Quelque chose de malsain, d'inabouti et d'inapproprié. Pourtant, il stoppa son manège lorsqu'ils s'arrêtèrent au pas de la devanture de son hôtel, comprenant que ce sujet était peut-être encore délicat à aborder et qu'il était de rigueur de faire preuve de plus de douceur.

- Si tu restes dans les parages, lui confia-t-il avec plus d'intensité, je veillerai à ce que tu ne t'égares pas cette fois.

Un sourire lui échappa. Une façon pudique et sans doute trop protectrice, voire paternaliste si on considère cela comme un conseil malvenu sur sa vie sentimentale, de lui dire « ne t'enfuis pas », « sans rancune », « c'est bon de te voir » et « je suis là ».

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Re: Amaretto   Sam 28 Avr - 23:03





AMARETTO

Imaginer Drago amoureux, en couple, avait éveillé un sentiment désagréable en Rosalind, le frottement agaçant d'une vieille jalousie. Un fantôme d'émotion qu'elle avait laissé errer dans les couloirs du Poudlard, des années auparavant. Étrangement, la réponse du jeune homme ne l'apaisa pas, mais lui laissa un arrière-goût de tristesse.

"Plusieurs, aucune, du pareil au même."

Le fameux sourire en coin, parfois railleur, souvent séduisant, était bien là, et la voix était aussi légère. Mais les mots étaient froids. Drago n'était donc jamais tombé amoureux. Huit années de rencontres féminines, et jamais il n'avait ressenti la morsure de ce mal puissant, terrible, mais tout aussi exaltant et sublime. Rosalind avait du mal à imaginer que le Sorcier ne se soit jamais laissé touché, bouleversé par aucune des femmes qu'il avait mise dans son lit. C'était... tellement dommage, quelque part, que son vieil ami n'ait jamais entraperçu ce que pouvait être l'amour.

- Non, tu n'es pas prête de te retrouver devant madame Malefoy
, ajouta-t-il, un tantinet narquois. Je suis trop occupé dans mes affaires si tu veux tout savoir.

Rosalind soutint un instant son regard avant de tourner doucement la tête, se concentrant sur leur marche noctambule, son bras enserrant toujours celui de Drago.

- Bien sûr, je vois, murmura-t-elle.

- Je ne me refuse pas du bon temps mais l'évoquer plus longuement ne ferait pas honneur à nos retrouvailles, Rosalind
, conclut Drago, enjôleur.

Elle rit de bon coeur à cette pirouette flatteuse. Elle reconnaissait bien là son vieil ami, séducteur invétéré, certes mais gentleman en -presque- toutes circonstances. Surtout envers ceux et celles qu'il estimait. L'écho de son rire s'évanouit, ricochant contre les murs des boutiques désormais closes. C'était bon de marcher dans la nuit, au bras de Malefoy, sur le chemin qui la ramenait à son hôtel. Le silence qui s'était créé entre eux ne pesait rien, avait la qualité de ces moments qu'on ne peut partager qu'avec ceux qui nous sont proches. Pourtant, Malefoy le rompit.

- Alors tu m'as quitté pour un type qui s'appelle Lucciano.

Interloquée, Rosalind se tourna vers le jeune homme, ne sachant comment réagir. Drago plaisantait probablement. Sûrement, même. Mais l'humour de la remarque lui échappait. Une ombre passa sur son visage ciselé. Si Drago faisait mention de l'ambiguïté qui avait eu lieu entre eux alors qu'ils étaient adolescents... Après tout ce qu'elle lui avait partagé ce soir, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir piquée.

Ils étaient arrivés au seuil de l'hôtel, et Rosalind se détacha de son compagnon, prête à prendre congé, et décidant d'ignorer les derniers mots qu'il avait prononcés. La voix, plus grave, de Drago l'arrêta.

- Si tu restes dans les parages, je veillerai à ce que tu ne t'égares pas cette fois.


Un sourire était né sur les lèvres de l'alchimiste, et Rosalind y répondit avec spontanéité. Elle entendait entre les mots, les multiples sens que son ami y avait glissés et qui effaçaient le malaise qu'il avait induit plus tôt. Elle lisait sur son visage l'assurance de son amitié, de sa présence pour elle, de son soutien.

- Oui, je reste. Merci Drago, pour l'amaretto, et de m'avoir raccompagnée. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur la joue de Malefoy. Sa peau était douce, sentait l'hiver.

Elle fit vivement quelques pas vers la porte de l'hôtel, et la main sur la poignée, se retourna avec un sourire séducteur. Après tout, Malefoy n'était pas le seul à savoir jouer de cette manière.

- Et donc, je compte sur toi pour... veiller sur moi, dit-elle d'une voix câline, amusée, avant de disparaître dans le hall feutré de l'auberge.


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